Journal-34

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Journal-34

Favoriser la conservation des récifs coralliens et des espèces associées

Corail cerveau - Brain coral
Corail cerveau - Brain coral

IFRECOR - Initiative française pour les récifs coralliens - a choisi Saint-Martin pour tenir la douzième réunion de son comité national, du 3 au 7 juin 2019, et a demandé à la Réserve naturelle de coordonner l’organisation sur place. 35 personnes environ sont attendues, de métropole et d’Outre-mer. Plusieurs personnalités locales seront invitées à participer à l’ouverture officielle, qui se tiendra à la CCISM le lundi 3 juin. Les actualités internationales et régionales en matière de récifs coralliens seront inscrites à l’ordre du jour, ainsi que les thèmes novateurs portés par les comités locaux aux Antilles. En plus petits comités, les jours suivants seront consacrés aux problématiques liées à la conservation des récifs coralliens. Les effets du changement climatique sur les zones tropicales et leurs incidences sur les aménagements des zones littorales seront présentés, ainsi que MERCI, la méthode pour éviter, réduire et compenser les impacts sur les espaces naturels. L’idée au final est de définir les recommandations techniques pour éviter les dégradations sur nos modes de vie et notre environnement naturel.

À l’occasion de ce comité, la Réserve naturelle va lancer un concours de la plus belle photo en rapport avec les récifs coralliens et les zones humides, dont font partie les mangroves de Saint-Martin. La remise des prix aura lieu au cours de l’événement.

Chaque année, entre 15 000 et 20 000 tonnes de crème solaire sont déversées dans les océans et constitue avec le réchauffement climatique l’une des principales causes du blanchiment corallien. Parmi les produits chimiques - et toxiques - destinés à protéger notre peau des UV, l’oxybenzone constitue un poison pour le corail, dont il modifie l’ADN et conduit les nouvelles pousses à mourir sans possibilité de se développer. L’information circule, le consommateur est en demande et de nouvelles crèmes solaires 100% bio et respectueuses de l’environnement apparaissent. La Réserve naturelle encourage bien sûr les baigneurs à utiliser ces produits novateurs et va prochainement signer une convention de mécénat avec Alphanova. Implantée à Hyères, cette société a mis au point des produits solaires respectueux de l’environnement et a approché la Réserve de Saint-Martin, à laquelle elle va verser 1% de son chiffre d’affaires sur les produits solaires au niveau mondial. En échange, la Réserve s’engage à favoriser la restauration des coraux sur son espace marin, notamment par bouturage, et à diriger les activités touristiques et de plongée sur certaines zones, afin de mettre au repos les sites faisant l’objet de surfréquentation. Des membres du personnel d’Alphanova participeront à ces opérations et la société fournira des crèmes solaires et des vêtements anti UV à la Réserve. Également, la Réserve sensibilisera les clubs de plongée en leur demandant d’interdire les crèmes chimiques sur ses sites de plongée.

À Hawaï, où plus de la moitié des coraux ont blanchi entre 2014 et 2015, le gouvernement local a promulgué une loi interdisant la vente et l’usage de produits solaires toxiques pour le corail, applicable dès 2021.

Les éditions guadeloupéennes PLB réédite la collection “La vie du récif”, un coffret composé de trois ouvrages, sur les poissons, les coraux et les créatures du récif. Très utilisés par les plongeurs et les naturalistes sous-marins, ces guides permettant d’identifier les espèces observées sous l’eau sont avant tout conçus pour les passionnés. Ils ont bénéficié d’une mise à jour, à l’occasion de laquelle l’ensemble des gestionnaires d’aires marines protégées de la région a été sollicité. La Réserve naturelle de Saint-Martin y est présentée en détail, ainsi que les aspects liés à la pratique de la plongée sous-marine sur son territoire. Également, La Réserve a très volontiers partagé son expertise sur le bouturage corallien et la création d’habitats artificiels.

Favoriser la conservation des populations de tortues marines

Trace d’une tortue venue pondre – Traces of a turtle to lay its eggs
Trace d’une tortue venue pondre – Traces of a turtle to lay its eggs

Malgré une année chargée pour chacun dans un contexte de reconstruction, le suivi de la saison de ponte des tortues marines s’est une nouvelle fois déroulée, de mars à novembre 2018. L’équipe d’écovolontaires bénévoles chargés d’arpenter les plages dans l’espoir de relever les traces d’une tortue venue pondre s’est réduite à une petite trentaine en 2018. Aucune trace n’avait été relevée au début du mois de juin, mais il n’y avait rien d’alarmant. En effet, à l’heure du bilan, ce ne sont pas moins de 104 traces qui ont été enregistrées pour 288 patrouilles réalisées. Ce n’est donc pas pour autant que les tortues ont été moins présentes sur nos plages en 2018. Il apparait cependant prépondérant de prendre soin de ces individus, dans un contexte où la majorité des pontes survenues en 2017 ont été détruites lors du passage d’Irma et où un certain nombre de chantiers impactent actuellement nos sites de pontes. La reconstruction de Saint Martin devra donc également prendre en considération la remise en état de sites de ponte.

Julien Chalifour, qui anime le réseau tortues à Saint-Martin, a participé du 12 au 16 novembre 2018 au 3ème colloque du “Groupe tortues marines de France”, à l’Aquarium de La Rochelle. Une centaine d’experts venus de France métropolitaine, de l’Océan Atlantique, de l’Océan Pacifique, de la mer des Caraïbes et de l’Océan Indien ont partagé leurs expériences respectives en termes de conservation et de suivi des tortues marines, ainsi que de leurs échouages. Cette rencontre a été l’occasion pour Julien Chalifour d’échanger sur les sujets où Saint-Martin est en demande, et notamment l’absence de centre de soins pour accueillir les tortues en détresse ou malades, contrairement à La Réunion ou la Polynésie, dotées de structures conséquentes et financièrement autonomes. Une autre problématique a concerné le “turtle watching” - l’observation des tortues en randonnées sous-marines - qui peut déranger ces reptiles protégés et éventuellement les faire fuir, mais aussi favoriser la recrudescence de maladies. La question des accidents provoqués par les bateaux et les jets skis sur les zones où ils sont autorisés a également été abordée. Cette tribune a été une belle occasion de mutualiser les expériences et de renforcer les connaissances de chacun.

Saviez-vous que les tortues luths, ainsi que certaines tortues vertes et tortues imbriquées, font le tour de l’Atlantique, en suivant les courants? Leur vitesse peut atteindre 35 km/ heure. Ces grands voyageurs parcourent ainsi des milliers de kilomètres dans leur vie, afin de rallier leur zone de reproduction distante de celle d’alimentation.

Le 25 janvier, la Réserve naturelle a été auditionnée par la gendarmerie, qui a sollicité son expertise dans le cadre de plusieurs procédures en cours impliquant des travaux sur certaines plages, notamment aux Terres Basses, afin d’estimer les dommages que ces travaux ont pu occasionner aux sites de ponte des tortues marines. En effet, le contexte de la reconstruction post-Irma a parfois incité les propriétaires de parcelles en bord de mer à ériger des murs le long du rivage, sans tenir compte qu’ils mettaient ainsi en péril la reproduction des tortues marines en détruisant leur habitat naturel, les tortues nichant en haut des plages. L’ensemble des tortues marines et leurs habitats essentiels d’alimentation et de reproduction étant protégés, les contrevenants s’exposent à des poursuites qui peuvent entraîner la saisie des matériels et engins ayant servi à commettre l’infraction.

An injured turtle was spotted on February 19 in the bay of Marigot—where boat speeds are limited to three knots—by the personnel of Marina Fort Louis and Tradewind Charters, who immediately informed the Réserve Naturelle. The agents recovered the young green sea turtle, which was still alive, but signs of a violent impact with a boat propeller could be seen on its shell. An examination by a veterinarian showed that the spinal column of the animal had been ruptured. The turtle was paralyzed on the rear half of it body, thus unable to swim or reproduce. The only chance for survival would have been in an artificial basin of water for a long convalescence with uncertain results, but lacking a center for such treatment of marine animals in Saint Martin, the turtle was euthanized. This is the sixth known victim of collisions with boats since the 1st of January. Knowing that only one turtle in every thousand has a chance to reach adulthood, 20 to 25 years after it is hatched, it is essential to reduce the speed of all boats, as well as jet skis, especially near the shore and near underwater plant beds that serve as alimentation zones for sea turtles. Collisions with motorized vehicles and poachers are the two prime causes of mortality for sea turtles in Saint Martin.

Maintenir ou améliorer les conditions d’accueil pour les populations de mammifères marins

Magnifique saut de baleine à bosse Magnificent jump by a humpback whale © Steeve Ruillet / Megaptera
Magnifique saut de baleine à bosse Magnificent jump by a humpback whale © Steeve Ruillet / Megaptera

6 balises déployées, 8 prélèvements de peau, une douzaine de photos de caudales et de nombreux enregistrements de chant des mâles. Voici le bilan très positif de Megara 4. MEGARA 4 :

un succès ! Maintenir ou améliorer les conditions d’accueil pour les populations de mammifères marins To maintain or improve local conditions for marine mammal populations Réserve Naturelle SAINT MARTIN Démarrée en 2014, la mission scientifique MEGARA de suivi des baleines à bosse a organisé sa quatrième édition du 16 au 30 mars 2019, dans les eaux de Sint Maarten, Anguilla, Saint- Barth, Saba et Saint-Eustache, après autorisation des autorités de ces îles. L’objectif reste de développer une meilleure compréhension de la biologie des baleines à bosse caribéennes, notamment par le déploiement de balises Argos, le prélèvement de biopsies cutanées, l’enregistrement des chants des mâles et les photos de nageoires caudales pour l’identification individuelle. Financées par la Réserve naturelle, l’association Megaptera, l’Agence territoriale de l’environnement de Saint-Barth et les compagnies Nagico et Teria, pas moins de 6 balises ont été implantées dans le tissu graisseux d’autant de baleines à bosse et 4 d’entre elles permettent aujourd’hui de suivre par satellite les déplacements de ces majestueux mammifères. On sait ainsi qu’un individu a mis le cap sur l’Amérique du Nord, qu’un autre se dirige vers l’Europe, mais aussi que deux femelles accompagnées de leur baleineau se déplacent entre les îles environnantes, peutêtre en attendant que leur progéniture grandisse, avant d’entamer la longue migration vers les zones estivales d’alimentation dans le nord de l’Atlantique.

The Argos beacon makes it possible to follow this whale (view April 4th 2019) La balise Argos permet de suivre cette baleine (visuel du 4 avril 2019)

Également, huit prélèvements de peau vont donner lieu à des analyses génétiques, qui révèleront le sexe de ces animaux et seront comparées aux connaissances déjà acquises et centralisées à l’Université néerlandaise de Groningen, qui tendent à démontrer que les baleines “saint-martinoises” sont proches du type génétique des baleines du Cap Vert. Une douzaine de photos de nageoires caudales, dont les caractéristiques signent l’identité de chaque baleine à bosse, vont venir enrichir le catalogue créé en 2014 par la Réserve et seront partagées avec les catalogues existants, dans la Caraïbe, mais aussi aux États-Unis, au Canada, en Islande, en Norvège, grâce à l’appui de l’OMMAG (Observatoire des mammifères marins de l’archipel guadeloupéen). Quant aux chants des mâles, destinés à séduire les femelles, ils différent comme chaque année des saisons précédentes. Il est possible d’en écouter un échantillon sur la page facebook de la Réserve. La mission s’est déroulée à bord du Contender et du semi-rigide de la Réserve, équipé d’une tourelle depuis laquelle Mikkel Villum Jensen, taggueur professionnel, a déployé les balises et l’équipe de la Réserve pratiqué les prélèvements. Un catamaran a servi de base logistique pendant ces opérations. Malgré des conditions de mer médiocres, environ 4 groupes de baleines à bosse ont pu être observés chaque jour et ont donné lieu à de belles images aériennes depuis un drone. L’équipe de la Réserve naturelle de Saint-Martin ; Michel Vély, spécialiste des mammifères marins et président de l’association Megaptera ; Steeve Ruillet, membre de Megaptera ; l’Agence territoriale de l’environnement de Saint-Barth, des représentants du sanctuaire Agoa et du projet européen Cariman, ainsi que plusieurs journalistes ont participé à cette belle aventure de partage de connaissances et d’amitié.;

Leur nageoire caudale est la carte d’identité des baleines à bosse / Their caudal fins are the individual identity for humpback whales © Nicolas Maslach

 

Maintenir ou améliorer les conditions d’accueil pour les populations d’oiseaux marins nicheurs

Camille Sanchez
Camille Sanchez

Étudiante à l’Université Paul Sabatier de Toulouse, Camille Sanchez est accueillie par la Réserve naturelle depuis le 18 février et jusqu’à la mi-août. Âgée de 28 ans, elle a choisi de suivre le parcours “Man & Biosphere” (MAB) dans le cadre de son master 2 en gestion de la biodiversité. Dans l’esprit du programme MAB de l’UNESCO, cette formation insiste sur la connaissance des interactions entre les activités humaines et les systèmes écologiques, pour une gestion durable des ressources naturelles. Sa mission à Saint-Martin consiste à suivre les populations d’oiseaux limicoles - qui se nourrissent sur les étangs - en ajoutant un axe sociologique à ce suivi scientifique.

Maintenir ou améliorer l’état écologique des étangs

Déversement d’eaux usées dans l’étang de Grand-Case – Dumping of wastewater in Grand Case pond
Déversement d’eaux usées dans l’étang de Grand-Case – Dumping of wastewater in Grand Case pond

L’antenne du Conservatoire du littoral accueillera le 1er mai un volontaire au service civique (VSC), qui pendant deux ans travaillera sur un plan de reconquête des étangs de Saint-Martin. Un comité de gestion sera mis en place pour encadrer ce plan, qui va concerner toutes les problématiques des étangs : inondations, déversement d’eaux usées, remblais... L’objectif est de remettre en place les périmètres originaux des étangs et notamment de vérifier les limites de propriété inscrites au cadastre, avant d’aménager les berges, de remettre en place les observatoires aux oiseaux détruits par Irma et les sentiers d’observation en bois, dans un délai de trois ans. Un suivi de la qualité des eaux des étangs est également inscrit au programme.

Des riverains s’étant plaints de nuisances sonores et de remblais entre la route principale et l’étang de Chevrise, les agents de la Réserve naturelle sont allés sur les lieux pour constater les faits. Ils ont pu voir qu’une pelleteuse avait creusé sur 3 à 4 mètres de profondeur au niveau du funérarium et qu’un gros volume de déblais avait été utilisé pour remblayer en contrebas de l’étang, mais pas sur sa partie en eau, lui-même affecté au Conservatoire du littoral et donc géré par la Réserve. La nature des matériaux, en cas de fortes pluies, représente toutefois une réelle menace d’envasement pour l’étang et la Réserve reste vigilante en surveillant l’évolution de ce chantier. Une expertise complémentaire sera prochainement entreprise pour confirmer ou non l’empiétement des dépôts de matériaux sur l’espace classé en arrêté de protection biotope et ainsi engager des poursuites.

  • Le comité de gestion de l’antenne du Conservatoire du littoral se déroulera le 2 avril 2019. Y prendront part la Réserve naturelle - gestionnaire des sites du Conservatoire - les élus locaux membres du Conseil des rivages, l’Office de tourisme, l’Établissement des eaux et de l’assainissement, l’État et notamment la DEAL.
  •   Le Conseil des rivages français d’Amérique du Conservatoire du littoral aura lieu cette année à Saint-Martin. 80 membres sont attendus du 17 au 21 juin 2019 pour notamment valider les projets présentés par les antennes de Guyane, de Martinique, de Guadeloupe, de Saint-Barth et de Saint-Martin
  • .La convention de gestion 2006 - 2018 entre la Réserve naturelle et le Conservatoire du littoral arrivant à son terme, elle sera prochainement relancée pour neuf ans et s’alignera au plus près du plan de gestion de la Réserve
  •  L’appel à projet pour la gestion du centre équestre du Galion sera prochainement publié, afin de relancer l’activité de randonnées équestres sur ce site.

Pourquoi déverser une benne de détritus à l’écosite - et payer une modique redevance - alors qu’il est si simple de le faire discrètement le long de la route du Galion, dans la Réserve naturelle ? Mais pas en toute impunité. Manque de chance pour le chauffeur de ce poids-lourd, un témoin a relevé l’immatriculation de son engin et a immédiatement appelé la Réserve, qui a constaté le délit et transmis son rapport à la brigade nautique. Des papiers au nom du propriétaire ont été retrouvés au milieu des déchets et ce dernier a expliqué qu’il avait demandé à un opérateur local de vider son appartement de la résidence du Belvédère ravagée par Irma. Le propriétaire du camion et son client ont été entendus à la brigade nautique et l’affaire a été transmise au procureur. La facture du nettoyage d’un montant de 3 000 € a été jointe au dossier.

Merci EME
Les agents de la Réserve ont dégagé cette décharge sauvage, avec l’aide des salariés d’EME, société chargée du nettoyage de la plage du Galion dans le cadre d’une convention entre la Réserve naturelle, le Conservatoire du littoral et la Collectivité. Considérant l’importance du travail à réaliser et le manque de civisme de certains usagers, les deux jours hebdomadaires que cette société consacrait au Galion sont passés à trois sur décision des services de la Collectivité, suite à des demandes répétées des usagers fréquentant le site.

Facteur clé de réussite 1 : Veiller au respect de la réglementation et à une pratique des activités humaines compatible avec les objectifs de la Réserve

Des riverains s’étant émus auprès de la Réserve naturelle de la présence d’un cheval sur le site de Babit Point - propriété du Conservatoire du littoral et donc géré par la Réserve - les services vétérinaires se sont rendus sur les lieux, accompagnés des agents de la Réserve et de policiers territoriaux. Amené là par son propriétaire résident d’Oyster Pond, l’animal était parqué dans un enclos constitué de fers à béton et de fil de fer barbelé, laissé en plein soleil, près d’un carbet sans toit implanté illégalement par son maître. Présent lors du contrôle, le propriétaire a été informé qu’il s’était installé sans autorisation sur un terrain du Conservatoire du littoral. Il a expliqué qu’il avait dû retirer en urgence son cheval de son précédent parc et qu’il prévoyait de prochainement le déplacer ailleurs, mais pas avant deux mois. Il a été informé qu’il bénéficiait d’un court délai pour contacter le propriétaire du site, afin de de formuler une demande d’occupation temporaire, sans quoi l’animal devrait être retiré de ce site. Il a préféré relocaliser son cheval sur un terrain privé offrant les mêmes conditions, mais en laissant derrière lui l’enclos et le carbet. La réglementation précise qu’il est interdit de garder en plein air des équidés lorsqu’il n’existe pas d’installations destinées à éviter les souffrances qui pourraient résulter des variations climatiques. L’introduction d’espèces animales ou végétales sur un espace naturel protégé est tout aussi illégale.

Nombreuses sont les critiques dirigées vers la Réserve naturelle, “qui ne fait rien” au sujet du conteneur installé en bordure de la route de Coralita, sur l’aire de stationnement de l’observatoire aux baleines. Il faut savoir que ce conteneur est stocké sur une parcelle privée et que la Réserve n’est autorisée à intervenir que sur son territoire. L’affaire a fait l’objet il y a un an d’une discussion au sein du Comité opérationnel des polices de l’environnement et de l’urbanisme (COPOLENU) pour statuer quant à la compétence des services de la Collectivité en la matière. Cette dernière a envoyé un courrier à la propriétaire des lieux. À suivre.

Appelés par le CROSS Antilles Guyane le 15 février vers 13h30, deux agents de la Réserve naturelle se sont portés au secours de deux plaisanciers en danger sur l’espace marin de la Réserve. Venant de la partie hollandaise en direction de Pinel à bord de leur cabin cruiser de 40 pieds équipé de deux puissants moteurs, les deux hommes à bord sont passés trop près du récif de Grandes Cayes et ont heurté la barrière de corail avant de se retrouver immobilisés et dans l’impossibilité de manoeuvrer, avec une grosse voie d’eau dans la coque et les hélices tordues. Franck Roncuzzi et Julien Chalifour se sont rendus sur les lieux à bord du Contender de la Réserve et ont réussi à remorquer le bateau jusqu’en baie de Cul-de- Sac. Le propriétaire, américain et âgé de 82 ans, a passé la nuit à bord afin d’éviter la naufrage de son bateau et l’a fait remorquer le lendemain matin vers un chantier du lagon.

Assurer les missions de communication, de sensibilisation et d’éducation à l’environnement

Nicolas Maslach filmé par l’équipe de Thalassa Nicolas Maslach filmed by the Thalassa team
Nicolas Maslach filmé par l’équipe de Thalassa Nicolas Maslach filmed by the Thalassa team

Diffusée sur france 3 le 20 mars 2019 et présentée par Fanny Agostini, l’émission Thalassa “Face aux colères de la mer” a consacré une importante partie du reportage à Irma, “monstre sans précédent”, et ses conséquences à Saint-Martin. On y découvre la mangrove, détruite à 90% au galion, mais qui a assuré son rôle capital de protection de la côte et des populations. En plongée à Tintamare, on observe que le milieu sous-marin a moins souffert que le milieu terrestre et que la vie s’y déroule calmement, malgré Irma. Le reportage se termine sur le constat qu’il est vital pour l’homme de s’adapter à la nature, et non d’adapter la nature à ses besoins, notamment en matière d’urbanisme. Un défi pour Saint-Martin, mais aussi pour le reste du monde.

Léa Bernier, 14 ans, en classe de troisième au collège Descartes, a l’intention de travailler plus tard dans le domaine de l’Environnement. Elle a fait un premier pas dans cette direction au sein de la Réserve naturelle, où elle a effectué du 25 février au 1er mars la séquence d’observation en milieu professionnel obligatoire pour tous les élèves de troisième. Elle a notamment participé au suivi scientifique des oiseaux dans les étangs et a été initiée au comptage des espèces.

La bouée de délimitation de la Réserve marine de Saint-Barthélemy, stationnée depuis le cyclone Irma au large de la plage de Grandes Cayes, a été transportée à l’écosite par la Réserve. Elle avait rompu sa chaîne et dérivé depuis l’île soeur. Les agents de la Réserve naturelle ont dévissé la tête de cette bouée, qui sera utilisée comme récif artificiel après sa dépollution.

Optimiser les moyens de gestion

Le projet original de l’ICBI – The original project of ICBI
Le projet original de l’ICBI – The original project of ICBI

On ne compte plus les conséquences d’Irma à Saint-Martin, mais l’une d’entre elles concerne la réalisation de l’Institut caribéen de la biodiversité insulaire (ICBI), projet porté depuis 2016 par la Réserve naturelle. Situé en bordure de l’étang de la Barrière, à Cul-de-Sac, le projet fait actuellement l’objet d’un diagnostic architectural et technique, à la demande de la Réserve. La submersion marine causée par la houle cyclonique ayant dépassé les limites prévues en 2011 par le Plan de prévention des risques naturels (PPRN), notamment dans la baie de Culde- Sac où les vagues ont submergé les premières lignes d’habitations à plus d’un mètre de hauteur, il est évident pour la Réserve de s’assurer que l’Institut résistera au passage du prochain ouragan. Le diagnostic va s’attacher à réaliser un état des lieux, afin de fournir une analyse complète du bâti à construire et d’en déduire la faisabilité de l’opération. Les effets du vent, des débris aériens, de la pluie et de la houle seront particulièrement analysés, ainsi que les procédures à mettre en place avant, pendant et après le passage d’un cyclone. Cela afin de pouvoir décider des modifications architecturales et techniques pour préserver les équipements et d’adapter la structure aux conditions extrêmes imposées par Irma.

Améliorer les connaissances sur le patrimoine naturel et le fonctionnement des écosystèmes

Mérou de Nassau dans un habitat artificiel Nassau grouper in an artificial habitat
Mérou de Nassau dans un habitat artificiel Nassau grouper in an artificial habitat

À Rochefort, au siège de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), du 19 au 23 novembre 2018, Julien Chalifour a participé au séminaire de lancement du LIFE BIODIV’OM, un projet européen visant à protéger cinq espèces mondialement menacées et un habitat prioritaire sur cinq territoires d’Outre-mer. Les cinq espèces menacées sont l’échenilleur de La Réunion - plus connu sous le nom de Tuit-tuit - le crabier blanc à Mayotte, le mérou géant en Guyane et à Saint-Martin, le mérou de Nassau à Saint-Martin et le moqueur gorge blanche en Martinique. La LPO coordonne l’ensemble du projet avec plusieurs contributeurs associés, dont la Réserve naturelle de Saint-Martin, aux côtés du Parc naturel de la Martinique, de la Société d’études ornithologiques de La Réunion, du groupe d’études et de protection des oiseaux de Mayotte et enfin du groupe d’étude et de protection des oiseaux en Guyane. Les partenaires ont pu se mettre d’accord sur une méthodologie commune de travail et ont découvert les règles de gestion d’un programme LIFE, fixées par le financeur - la commission européenne - ainsi que le suivi des financements associés.

Aude Berger et Julien chalifour en formation Training for Aude Berger and Julien Chalifour
Aude Berger et Julien chalifour en formation Training for Aude Berger and Julien Chalifour

Aude Berger - diplômée en sciences et techniques de la mer et titulaire d’une licence professionnelle en protection de l’environnement à l’UAG a été embauchée en janvier 2019 par la Réserve naturelle en tant que chef de projet LIFE BIODIV’OM. Sa mission va s’intéresser à la conservation du mérou de Nassau et du mérou géant, en gestion concertée. Cela signifie que les pêcheurs, mais aussi les usagers de la mer - pêcheurs, plongeurs, plaisanciers... - ainsi que les autorités locales seront consultées et auront l’opportunité de participer à l’élaboration d’une méthode de conservation. Une étude socio- économique a été lancée et des pêches et plongées exploratoires permettront de décrire le recrutement des jeunes mérous sur les petits fonds côtiers. Également, la sensibilisation des scolaires est au programme, tout comme le partage des expériences avec la communauté scientifique, grâce à leur mise en réseau. À noter : ce projet LIFE rendu possible principalement par des financements européens (60%), mais également nationaux, est le premier dont Saint-Martin bénéficie. Du 9 au 11 janvier, Aude a pu rencontrer Delphine Morin, la coordinatrice du programme LIFE pour la LPO, en mission sur le terrain à Saint-Martin pour le lancement des actions. Puis, du 21 au 23 janvier, elle-même et Julien Chalifour, en charge du pôle scientifique de la Réserve, ont été formés par Florent Bignon et Awatef Abbiah à l’utilisation de TESSA, outil mis en place par la Commission européenne pour mesurer les différents impacts infligés au milieu naturel et leurs conséquences sur les services qu’il rend gratuitement.

Renforcer l’ancrage territorial et régional de la Réserve

La Réserve naturelle était représentée par Julien Chalifour, en charge du Pôle scientifique, et Franck Roncuzzi, en charge du Pôle technique et police de la nature, au Forum annuel des gestionnaires d’aires marines protégées, qui s’est déroulée à Saint-Gildas-de-Rhuys, en Bretagne, du 6 au 8 novembre 2018. Les participants se sont partagés les assemblées plénières et les ateliers techniques au cours de ces trois jours intenses d’échanges et de rencontres. Au programme : la problématique de police sur les espaces maritimes, la gestion de la fréquentation du public, les méthodes pour estimer la capacité d’accueil d’un site protégé, mais également la mutualisation des ressources scientifiques grâce à un nouvel outil porté par le réseau du Forum des AMP, destiné à partager les expériences avec l’Agence française de la biodiversité.

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