Maintenir ou améliorer les conditions d’accueil pour les populations d’oiseaux marins nicheurs

Maintenir ou améliorer les conditions d’accueil pour les populations d’oiseaux marins nicheurs

Maintenir ou améliorer les conditions d’accueil pour les populations d’oiseaux marins nicheurs

Camille Sanchez
Camille Sanchez

Accueillie en stage par la Réserve naturelle du 18 février au 16 août 2019, Camille Sanchez a depuis passé sa soutenance et obtenu son master II à l’université Paul Sabatier de Toulouse. L’étudiante a contribué à collecter les données sur les oiseaux limicoles fréquentant les étangs de Saint-Martin et a saisi ces dernières sur la base eBird, où est exploitée l’ensemble des données collectées depuis 2011 dans le cadre du suivi des limicoles. Dans l’esprit du programme MAB de l’UNESCO qu’elle avait choisi, qui insiste sur la connaissance des interactions entre les activités humaines et les systèmes écologiques pour une gestion durable des ressources naturelles, elle a réalisé une enquête de perception auprès des résidents et des touristes, sur le terrain. L’idée était d’évaluer les connaissances de ces publics sur l’existence des étangs, les populations de limicoles les fréquentant et la gestion de ces espaces et de ces espèces. Après un stage couronné de succès, Camille est actuellement à la recherche d’un emploi, mais pourrait bien prolonger son parcours universitaire en entamant une thèse.

Aigrette neigeuse et ses petits, dans la héronnière de l’étang Guichard A snowy egret and her babies in the bird habitat at Guichard pond © Julien Chalifour
Aigrette neigeuse et ses petits, dans la héronnière de l’étang Guichard A snowy egret and her babies in the bird habitat at Guichard pond © Julien Chalifour

ZICO. Ou Zone d’intérêt pour la protection des oiseaux. Afin de définir ces espaces prioritaires, Julien Chalifour et Aude Berger, du Pôle scientifique de la Réserve naturelle, ont accueilli le 1er avril 2019 une mission de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), dans le cadre du programme européen Life BIODIV’OM. L’idée était d’initier un travail de réflexion sur la définition de ZICO à Saint-Martin. Il va s’agir, sur la base de données existantes, de proposer l’acquisition de connaissances complémentaires, afin de délimiter des espaces représentant des enjeux majeurs pour les espèces à statut de conservation préoccupant, comme la petite sterne ou l’aigrette bleue. Une fois identifiées, une liste de zones prioritaires sera proposée à des experts ornithologues pour validation et certaines d’entre elles intègreront la liste mondiale ZICO. Cette inscription ouvrira la voie à de nouvelles opportunités pour la mobilisation d’experts et le financement d’actions en faveur de la protection des oiseaux de notre île. Ce projet concerne la Réserve naturelle à Saint-Martin, mais aussi 5 autres structures en Guyane, à la Martinique, à La Réunion et à Mayotte. La LPO, coordinateur du programme Life BIODIV’OM fait le lien entre l’Union européenne et les six bénéficiaires associés.

La LPO a édité des plaquettes de communication afin de sensibiliser le public et les acteurs sur les espèces ciblées par le programme Life BIODIV’OM dans chacun des territoires partenaires. Ces plaquettes sont disponibles dans les nouveaux locaux de la Réserve naturelle, 3 rue Barbuda, à Hope Estate. Plus d’infos sur le site lifebiodivom.fr et sur la page facebook Life BIODIV’OM
Camille Sanchez
Camille Sanchez

Étudiante à l’Université Paul Sabatier de Toulouse, Camille Sanchez est accueillie par la Réserve naturelle depuis le 18 février et jusqu’à la mi-août. Âgée de 28 ans, elle a choisi de suivre le parcours “Man & Biosphere” (MAB) dans le cadre de son master 2 en gestion de la biodiversité. Dans l’esprit du programme MAB de l’UNESCO, cette formation insiste sur la connaissance des interactions entre les activités humaines et les systèmes écologiques, pour une gestion durable des ressources naturelles. Sa mission à Saint-Martin consiste à suivre les populations d’oiseaux limicoles - qui se nourrissent sur les étangs - en ajoutant un axe sociologique à ce suivi scientifique.

Èchasse d’Amérique Black-necked stilt © Julien Chalifour
Èchasse d’Amérique Black-necked stilt © Julien Chalifour

Selon une étude du US Fish and Wildlife Service, les ornithologues amateurs ont apporté 36 milliards de dollars à l’économie américaine en 2006, et un cinquième (20%) des Américains sont identifiés comme des ornithologues. Ailleurs, dans le parc national turc de Kuşcenneti, un site identifié Ramsar en Turquie - comme Saint-Martin - attire des ornithologues amateurs du monde entier et représente des revenus directs et indirects de plus d’1 million de dollars par an. Les visites guidées y sont devenues une activité majeure, avec au moins 127 entreprises proposant des visites dans le monde entier. Sachant que l’avifaune recensée sur les étangs de Saint-Martin comprend plus de 85 espèces d’oiseaux, cette abondance et cette richesse amènent naturellement la Réserve naturelle et le Conservatoire du littoral à promouvoir une conservation de ces espaces et de ces espèces, à travers des aménagements adaptés dans chaque site pour l’accueil du public. L’idée, en l’absence d’une stratégie touristique autre que balnéaire à Saint-Martin, est de proposer un développement de l’écotourisme à travers le birdwatching, pour lequel Saint-Martin détient un formidable potentiel dans toute la Caraïbe. Pour cela, il est nécessaire en parallèle d’accroître la protection des espaces lacustres en les aménageant, notamment afin d’encadrer les activités anthropiques. Dans un contexte post-Irma dans lequel chacun s’accorde à dire qu’il est nécessaire de repenser notre modèle de développement, les espaces lacustres de Saint-Martin, outre leur intérêt patrimonial, apparaissent comme l’ouverture de l’essor de l’écotourisme à Saint-Martin. La Réserve estime à 1,6 million d’euros le budget nécessaire à la reconquête des étangs.

Les étangs de Saint-Martin, pourtant zone tampon entre le milieu terrestre et le milieu marin, sont encore trop souvent considérés comme des lieux insalubres. Leur image négative, conjuguée aux difficultés foncières facilitant leur destruction, est en partie à l’origine de cette désastreuse évolution. L’ensemble des espaces lacustres de Saint-Martin a été impacté par la violence des vents de l’ouragan Irma. Les mangroves sont quasiment détruites, la végétation littorale a disparu, arrachée par la violence des rafales. L’impact sur la biodiversité animale marine et terrestre est difficilement quantifiable, mais il est certain que la disparition des habitats et des écosystèmes aura un impact fort à court, moyen et long terme sur le stock et la production globale de biodiversité animale et végétale. Les actions de reconquête de la biodiversité sur les espaces lacustres permettront dans le futur de minimiser ces impacts et d’en atténuer les effets sur la biodiversité de manière générale.
Suzanne Gonnier
Suzanne Gonnier

Suzanne Gonnier, 22 ans, étudiante à l’école nationale supérieure de paysage de Versailles (ENSP), a été accueillie en stage à la Réserve naturelle en juin et juillet 2018. Future paysagiste- concepteur, elle a fait le choix de venir à la Réserve naturelle afin d’approcher un acteur de la gestion du territoire, dans l’idée de commencer sa carrière dans un espace protégé. Sa mission a été de proposer un programme de réhabilitation de l’étang des Salines d’Orient, mis à mal par Irma. L’idée aujourd’hui est de concilier régénération et conservation des écosystèmes et découverte par le public. Elle a travaillé sur une zone de vasière, endroit de prédilection des oiseaux nicheurs, et préconise d’une part de retracer des canaux dans cette vasière et d’autre part d’en stabiliser les berges par des plantations de palétuviers issus d’une pépinière à créer avec le concours des enfants du Collège de Quartier d’Orléans, investis dans le programme d’Aire Marine Educative de la Baie du Galion. Ces aménagements viendront isoler les zones de nichage et de repos de l’avifaune qui pouvait précédemment être dérangée par des prédateurs terrestres. Ces nouvelles zones de rassemblement pourront également permettre le développement d’activités telles que le birdwatching. Ce travail vient alimenter la réflexion quant à la réhabilitation et à la gestion de ce site classé en Réserve naturelle nationale et labélisé Ramsar et Spaw pour la richesse des écosystèmes qu’il abrite.

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