Journal-27

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Journal-27

  • page 3 : L’amélioration des connaissances sur les espaces et les espèces protégées
  • page 6 : La maîtrise des impacts anthropiques sur les espaces protégés
  • page 8 : Actions de police
  • page 9 : La restauration des milieux et des populations dégradés
  • page 11 : La communication et l’éducation environnementale
  • page 14 : Le renforcement de l’intégration régionale

L’amélioration des connaissances sur les espaces et les espèces protégées

Un requin nourrice A nurse shark © Julien Chalifour
Un requin nourrice A nurse shark © Julien Chalifour

Pourquoi les requins nourrices se regroupent- ils en grand nombre tous les étés, particulièrement au Galion, mais aussi à Caye Verte ou dans la baie blanche de Tintamare?

Nicolas Boudin, étudiant en DEUST «Technicien de la mer et du littoral» à l’université du littoral Côte d’Opale à Calais, stagiaire au sein du Réseau requins des Antilles françaises, coordonné et animé par l’association Kap Natirel, a consacré les quatre mois de son stage à la Réserve naturelle à cette question. Grâce à la pose de caméras sous-marines, il a pu déterminer que seules des femelles en gestation étaient présentes sur les sites étudiés. Ces derniers ont en commun le fait d’abriter des zones d’eaux chaudes et peu profondes pouvant jouer un rôle dans le déroulement de la gestation. Pourquoi? La question reste posée. On sait simplement que la femelle du requin nourrice, ovovivipare, expulse ses petits et s’éloigne immédiatement, pour éviter de les dévorer tout cru. Les femelles adoptent généralement un comportement visant à protéger leurs petits en les libérant au sein de zones peu fréquentées par les adultes et en cessant tout comportement d’alimentation.

Le site de Chico Chico diving site © Julien Chalifour
Le site de Chico Chico diving site © Julien Chalifour

Since 2007, the Réserve Naturelle has continued its annual scientific study of the reefs and plant beds.

This year that activity took place on October 4-6, 2016. An agent of the Réserve Naturelle of Petite-Terre and another from the Réserve Marine in Saint Barth were present in order to help the team from Saint Martin collect underwater data on such sites as Rocher Créole, Pinel, and Tintamare, as well as outside of the Réserve, at the Fish Pot site in the Anguilla Channel. The data is currently being analyzed. As part of this underwater collaboration project, Steeve Ruillet went to lend a hand in Petite-Terre on September 19-21 and Julien Chalifour was in Saint Barth on September 26-28. The goal of this scientific study of the marine milieu within the Réserve Naturelle is to document the evolution of the condition of the coral communities and plant beds.

Une tortue verte sur l’herbier de Tintamare A green sea turtle in the Tintamare plant bed © Julien Chalifour
Une tortue verte sur l’herbier de Tintamare A green sea turtle in the Tintamare plant bed © Julien Chalifour

Déjà fragilisé par l’usage des ancres, le gardemanger de nos chères tortues vertes est depuis ces dernières années envahi par une espèce introduite, qui fait l’objet d’une étroite surveillance.

Trois scientifiques américains, dont le Docteur Jeremy Kizska, étaient présents du 6 au 12 novembre à Saint-Martin, pour travailler sur les interactions entre tortues vertes, qui se nourrissent sur les herbiers, et Halophila stipulacea. Cette espèce invasive a été introduite par l’intermédiaire des ancres et des eaux de ballastes de bateaux et grignote peu à peu de l’espace dans l’herbier sous-marin, où elle entre en compétition avec Syringodium et Thalassia, les deux espèces natives. Originaires de l’Université internationale de Floride, ils ont été reçus par la Réserve naturelle, qui a elle-même mené une étude sur cette espèce en 2014. Les trois universitaires planifient leur mission sur deux ans et seront de retour prochainement sur notre île. Ils cherchent à estimer la densité des tortues vertes et à étudier leur comportement alimentaire au sein des zones d’herbier ciblées. En clair : comment réagissent les tortues face à l’installation de cette nouvelle espèce? Leur intention est d’équiper certaines tortues de GPS et de caméras sous-marines, afin de savoir ce qu’elles choisissent comme aliment, si elles les choisissent, ou si elles ont plus tendance à happer ce qui passe à leur portée. Ils attendent l’autorisation de la DEAL pour prélever divers échantillons sur les tortues, afin de mieux connaître leur régime alimentaire grâce aux analyses isotopiques. À Tintamare, ils ont pour l’heure échantillonné l’herbier pour le cartographier, et ont procédé au comptage des tortues présentes à différentes heures de la journée.

La maîtrise des impacts anthropiques sur les espaces protégés

Une chaîne d’ancre sur l’herbier An anchor chain on the plant bed
Une chaîne d’ancre sur l’herbier An anchor chain on the plant bed

La gestion de l’herbier de la baie Blanche, à Tintamare, sur lequel se nourrissent les tortues vertes, était au coeur de la mission de Charlotte Bousquet, en stage à la Réserve naturelle de février à juillet 2016.

L’étudiante, en master 2 «sciences de l’environnement et de l’écologie littorale» à l’université de La Rochelle, a commencé par cartographier l’herbier et évaluer son état de santé global. Puis elle a mis en place un suivi de la fréquentation de la baie par les bateaux, en notant leur taille, s’ils appartenaient à un plaisancier ou à un professionnel du nautisme et s’ils choisissaient d’utiliser leur ancre plutôt que l’une des bouées de mouillage mises à leur disposition par la Réserve naturelle. Sur la base de ces premiers résultats, la stagiaire a cherché à connaître l’impact des ancres et des chaînes sur l’herbier, qui peuvent laisser des cicatrices importantes. Pour cela, elle a identifié trois secteurs : la zone où sont implantées les bouées ; la zone de mouillage en arrière des bouées, où certains marins préfèrent ancrer ; et enfin la zone située au sud de la baie, où les bateaux ne mouillent quasiment jamais. Conclusion : l’état de santé global de l’herbier est plutôt bon, malgré la présence ponctuelle de petits secteurs plus impactés que d’autres par l’ancrage. Également, le recours au mouillage sur ancre est plus souvent le fait de plaisanciers que de professionnels. Quant à la fréquentation, plutôt réduite, elle connaît des pics pouvant aller jusqu’à une quinzaine de bateaux rapides en même temps, mais pour un temps limité, les jours où plusieurs paquebots sont accueillis en baie de Philipsburg. Ce rapport a mis en lumière la nécessité de renforcer le travail de sensibilisation auprès des plaisanciers et ouvre la réflexion sur une réorganisation des usages et des mouillages au sein de la zone.

Le radeau ancré sur le Grand Étang The raft anchored in the Grand Étang
Le radeau ancré sur le Grand Étang The raft anchored in the Grand Étang

La Réserve a mis à l’eau mi-octobre un radeau sur le Grand Étang, aux Terres Basses, afin de favoriser le repos et la nidification des petites sternes, au nombre de 75 cette année sur le site.

L’idée est bien sûr de protéger cet oiseau migrateur, espèce au statut de conservation «préoccupant » au niveau mondial et «vulnérable» au niveau local. Très sensible aux dérangements, la petite sterne nidifie en bordure des étangs, sur le sable, et ses oeufs ne sont pas à l’abri d’une brusque montée des eaux ou de la gourmandise d’un rat ou d’un chien. Ce qui ne serait plus le cas si elle pondait sur un radeau, au beau milieu de l’étang. Le procédé existe, mais c’est une première à Saint-Martin, et la Réserve croise les doigts pour que les petites sternes s’approprient rapidement ce nouvel espace. Cela peut prendre plus ou moins de temps, comme en Camargue, où il a fallu trois ans pour que les oiseaux nidifient enfin sur leur radeau. Long de six mètres et large de trois, l’engin flottant en bois est ancré dans l’étang et conçu pour le confort des oiseaux : le fond est tapissé de gravier et des caches sont prévues à l’intérieur pour que les petits puissent se protéger des éléments. Les résidents des Terres Basses ont été réceptifs à ce projet dès qu’il leur a été présenté par la Réserve et vont participer à son financement, assuré également par la Réserve et la Fondation du patrimoine. L’équipe de la Réserve a construit l’embarcation, conçue et dessinée par Caroline Fleury, chargée d’étude milieux terrestres et lacustres, supervisée par Julien Chalifour au sein du pôle scientifique de la Réserve.

Actions de Police

Le portail a été saisi The gate that was confiscated
Le portail a été saisi The gate that was confiscated

Depuis le 1er janvier 2016, l’équipe des gardes de la Réserve naturelle a effectué 130 contrôles en mer et 147 contrôles à terre, dont 147 sur les terrains du Conservatoire du littoral. Ces patrouilles ont donné lieu à 17 PV, dont 2 au titre de la pêche et 5 timbres amende et un PV de grande voirie et 5 confiscations de matériel (fusil harpon, portail, pièges à crabe et casiers de pêche et un filet). Deux missions interservices, ONCFS, Gendarmerie ont été effectuées pour le contrôle de la pêche à Saint-Martin. 3 mises en demeure par lettre recommandée et 23 avertissements verbaux ont été réalisés.

Bayside s’oppose à la réglementation

Après avoir dressé un premier procès-verbal en avril 2016 pour pratique d’une activité commerciale non autorisée sur un espace classé en réserve naturelle, les gardes ont dressé un second procès-verbal en septembre à l’encontre de l’un des deux exploitants de «Bayside riding club», pour avoir modifié l’état et l’aspect de la Réserve et effectué des travaux. L’un des associés s’était engagé en juin à respecter la réglementation et un procès-verbal de concertation avait été dressé après que le cadenas bloquant l’accès à la parcelle ait été sectionné. Pourtant, quelques jours plus tard, un portail était installé et équipé d’une chaîne et d’un cadenas. Le cadenas a été coupé et le portail saisi, par la Réserve naturelle. La Réserve et la gendarmerie suivent ce dossier.

La restauration des milieux et des populations dégradées

Babit Point
Babit Point

La restauration écologique des parties dégradées et la revégétalisation globale de Babit Point sont inscrites au programme des travaux du Conservatoire du littoral.

Il s’agit aujourd’hui de mettre en place un sentier botanique, jalonné de panneaux informatifs. Il sera ouvert au public et doté d’un point d’observation. Dans ce cadre, l’inventaire floristique du site a été réalisé début novembre 2016 par Julie Walker et Caroline Fleury. Des enclos de régénération sont planifiés et leurs emplacements ont été déterminés.

L’affiche de Kozé Toti The Kozé Toti poster
L’affiche de Kozé Toti The Kozé Toti poster

Protégées en Guadeloupe depuis novembre 1991 par arrêté - alors qu’elles étaient inscrites au menu de nombre de restaurants - les tortues marines ont été au centre des manifestations célébrant ce 25ème anniversaire dans toutes les îles de la Caraïbe française.

À Saint-Martin, le 19 octobre, au Centre culturel de Sandy Ground, la Réserve naturelle a invité la population à «Kozé Toti», une conférence animée par Julien Chalifour, responsable du pôle scientifique de la Réserve, et Sophie Bedel, de l’ONCFS Guadeloupe. Les scolaires n’ont pas été oubliés: du 18 au 21 octobre, trois intervenants ont rencontré des élèves de sixièmes et de cinquièmes au collège Mont des Accords, dans leurs classes d’abord, puis au cours de deux sorties sur le terrain, sur la plage du Galion. Ces jeunes savent tout à présent sur la saison de ponte des différentes espèces de tortues marines et sur l’importance de la protection de ces sites de ponte. La problématique de l’aménagement de ces sites lorsqu’ils sont fréquentés leur a été expliquée : le stationnement des véhicules, l’éclairage, les constructions peuvent en effet dissuader les tortues de venir pondre. Ces sorties se sont clôturées par un nettoyage de la plage et par la collecte de graines de palétuviers. Ces graines, actuellement en cours de germination à la Maison de la Réserve naturelle, seront replantées sur les étangs de l’île, dont certaines mangroves ont particulièrement souffert des conséquences du phénomène El Nino 2015, en Pacifique.

La communication et l’éducation environnementale

L’étang de la Barrière The Barrière pond
L’étang de la Barrière The Barrière pond

Le 6 septembre 2016, le conseil exécutif de la Collectivité a approuvé un échange foncier avec le Conservatoire du littoral.

Ce dernier, propriétaire de deux parcelles à Quartier d’Orléans, avait proposé à la Collectivité d’échanger une partie de ces terrains contre un site naturel situé en bordure des berges de l’étang de la Barrière, à Cul-de-Sac. Les terrains de Quartier d’Orléans vont être utilisés dans le cadre de la construction de la nouvelle station d’épuration (STEP) de Quartier d’Orléans. L’échange est gagnant-gagnant : la future STEP, prévue pour traiter les eaux usées équivalentes à 18 000 habitants, nécessite une grande surface pour sa mise en place ; et le Conservatoire, pour sa part, aura la possibilité de gérer les berges de l’étang. Cette gestion, tout à fait logique, n’est aujourd’hui possible sur aucun étang, la propriété du Conservatoire se limitant aux eaux des quatorze étangs concernés.

Un bécasseau poitrine cendrée Sandpiper with ash-colored breast © Julien Chalifour
Un bécasseau poitrine cendrée Sandpiper with ash-colored breast © Julien Chalifour

La baie de l’Embouchure fait partie des huit sites pilotes identifiés par le Conservatoire du littoral dans le programme Mang.

Ce programme a pour objectif de simplifier la gestion des zones humides ultramarines françaises, pour une meilleure préservation. La formation des gestionnaires est prévue, et c’est ainsi que l’ornithologue Anthony Levesque a été reçu par la Réserve de Saint-Martin dans le cadre d’un renforcement des capacités de Caroline Fleury et d’Ashley Daniel, sur le terrain. Il s’est agi pour elle, par exemple, d’apprendre à différencier le cri du bécasseau de celui du chevalier, ces deux espèces n’étant pas toujours visibles au moment du comptage, lors de leur suivi scientifique. Copiloté par TeMeum et le Conservatoire du littoral, Mang est financé par l’AFD et le programme BEST de la commission européenne.

Les récifs protègent de la houle la plage et la mangrove The reefs protect the beaches and mangroves from large swells
Les récifs protègent de la houle la plage et la mangrove The reefs protect the beaches and mangroves from large swells

Sensibiliser les jeunes aux impacts du changement climatique sur les écosystèmes de l’île.

Voici le thème que Julien Chalifour, en charge du pôle scientifique à la Réserve naturelle, a développé pour les élèves des classes bilingues - français et anglais - du collège du Mont des Accords, le 9 décembre 2015. Cette intervention s’est déroulée en réponse à une invitation de l’établissement, dans le cadre d’une exposition organisée par ces jeunes autour de l’environnement. À cette occasion, un auditoire attentif a pris conscience de l’importance pour chaque individu de réduire son empreinte sur le milieu naturel, le risque étant d’une part de dégrader le cadre de vie et d’autre part de limiter l’efficacité des services écosystémiques, ces «services» que la nature nous rend sans que l’on en ait forcément conscience. Julien Chalifour leur a ainsi exposé l’importance du rôle des récifs, qui protègent de la houle la plage et la mangrove, laquelle mangrove contribue à l’épuration des eaux qui vont à la mer et sert également de nurserie pour les alevins, qui constituent eux-mêmes la future ressource économique des pêcheurs. Students face the impacts of climate change To make young people aware of the impacts of climate change on the island’s ecosystems: that is the theme that Julien Chalifour, director of the scientific department at the Réserve Naturelle, developed for the students in the bilingual classes - French/English - at the Mont des Accords middle school, on December 9, 2015. This intervention took place in response to an invitation from the school, in conjunction with an exhibit about the environment organized by the students. When Chalifour spoke, an attentive audience learned about the responsibility of every individual to reduce his footprint in nature, or risk degrading the quality of life on one hand, and limiting the efficiency of our ecosystems’ services, or services provided by nature that we aren’t always aware of. Chalifour also told the students about the importance of the role played by the reefs, which protect the beaches and mangroves from large swells, and in turn the mangrove contributes to the purification of water that goes out to sea, and also serves as a nursery for young fish, which provide a future economic resources for fishermen. Les

Le renforcement de l’intégration régionale

Un pluvier kildir A Kildir Plover © Julien Chalifour
Un pluvier kildir A Kildir Plover © Julien Chalifour

Caroline Fleury et Ashley Daniel ont représenté la Réserve naturelle de Saint-Martin aux rencontres ornithologiques des Antilles françaises, les 9 et 10 novembre 2016, au siège du Parc national de la Guadeloupe, à Saint-Claude.

Elles y ont présenté les suivis scientifiques opérés sur les limicoles côtiers et les oiseaux marins, ciblant le paille-en-queue, la petite sterne et le noddi brun. Elles ont également détaillé les pressions exercées sur l’avifaune - remblais dans les étangs, rejets d’eaux usées, pollutions... - et ont exposé les résultats obtenus depuis la mise en place de ces suivis, respectivement en 2011 et 2009. Plusieurs associations ornithologiques ont participé à ces rencontres, aux côtés entre autres de la DEAL et de l’ONCFS, dont l’association américaine «Birds Caribbean», qui s’est fixée pour objectif de faire oublier leurs tablettes et autres téléphones aux enfants, en les sensibilisant à la Nature.

Carole Martinez, coordinatrice du programme Best IUCN international et Romain Renoux, coordinateur caraïbe du programme Carole Martinez, senior coordinator of the IUCN regional Seas and EU Overseas Program and Romain Renoux, Caribbean coordinator of the program.
Carole Martinez, coordinatrice du programme Best IUCN international et Romain Renoux, coordinateur caraïbe du programme Carole Martinez, senior coordinator of the IUCN regional Seas and EU Overseas Program and Romain Renoux, Caribbean coordinator of the p

Le programme BEST passe à la vitesse supérieure. La phase d’identification des profils d’écosystèmes de toutes les îles européennes de la Caraïbe étant terminée, le document final a été approuvé par la Commission européenne, de ce fait devient public et peut être consulté sur le site de la commission européenne.

BEST entre à présent dans la phase opérationnelle de financement des projets de la conservation de la biodiversité, sur le terrain. Quatre projets ont déjà été validés après le premier appel lancé en septembre 2015 à tous les PTOM de la Caraïbe et vont bénéficier d’une subvention à hauteur de 400 000 €. Il va s’agir de sauver les tortues marines à Anguilla ; de créer des pépinières de coraux à Sint Maarten, Saint-Eustache, Saba et aux Turks et Caïques; de concevoir un parc marin à Aruba et enfin de lutter contre les espèces invasives dans les îles britanniques de la Caraïbe. Un nouvel appel à projets a été lancé en avril 2016, toujours à l’attention des PTOM, pour une subvention de 100 000 € maximum : 20 premiers projets éligibles ont été présentés, et 18 présélectionnés. Le montage des dossiers pouvant s’avérer complexe, un atelier de renforcement des capacités a été organisé à Saint-Martin les 21 et 22 juillet au Beach Hôtel de Marigot afin de former et d’accompagner les candidats, qui devaient remettre leurs projets avant le 29 août. Les Bermudes, les îles Cayman, Saint-Eustache, Anguilla, Montserrat, Bonaire, Saint-Barth, Saba et Sint Maarten y ont participé. Les 19 et 20 septembre, un comité de 4 experts - Cyril Barnerias, du Global Environment Facility ; Eric Newton, biologiste basé à Curaçao ; Paul Hoetjes, coordonnateur de la politique nature pour les îles néerlandaises ; et Yves Renard, expert en biodiversité basé à Sainte-Lucie - s’est réuni à Saint-Martin pour évaluer l’ensemble des propositions. Chaque projet a été noté et tous ont été présentés à la Commission européenne, qui en a retenu les 12 meilleurs, pour un financement total de 1M€. Parmi ces projets, il est question de reforestation, de protection de l’iguane des Petites Antilles, de lutte contre le poisson-lion ou encore de restauration récifale. Tous seront mis en oeuvre en 2017. Le prochain appel sera lancé en février 2017, seuls les PTOM seront concernés. L’initiative européenne BEST est coordonnée dans la Caraïbe par le CarSpaw et la Réserve naturelle de Saint-Martin.

best

Un poster qui dit tout
Un poster qui dit tout

Un poster explicatif et très esthétique vient d’être réalisé par Laurent Juhel,

afin de tenir informés au mieux les gestionnaires de la biodiversité dans toute la Caraïbe européenne. Il présente le projet BEST, le détail des opportunités de financement, le déroulement des opérations pour le comité d’experts ainsi que les 4 premiers projets validés. Ce poster a été validé à la rencontre annuelle du GCFI en novembre 2016 aux Îles Caymans, afin d’informer les acteurs de la Caraïbe de ce dispositif.

Les 50 participants au Forum des AMP étaient notamment venus du Parc National de Port-Cros, de l’AMP de la Côte agathoise, des villes de Marseille et de Saint-Cyr-sur-Mer, des sanctuaires des mammifères marins Pelagos et Agoa, du Parc national du Morbihan, de la Réserve naturelle des Sept-Îles, de l’AMP de Moorea, de la Réserve marine de La Réunion...
Les 50 participants au Forum des AMP étaient notamment venus du Parc National de Port-Cros, de l’AMP de la Côte agathoise, des villes de Marseille et de Saint-Cyr-sur-Mer, des sanctuaires des mammifères marins Pelagos et Agoa, du Parc national du Morbihan

Les gestionnaires d’aires marines protégées de toute la France métropolitaine et ultramarine ont l’occasion de se rencontrer chaque année à l’occasion de leur Forum.

Et cette année, grâce au soutien de l’Agence des aires marines protégées, de l’Aten et du ministère de l’Outre-mer, Saint-Martin a eu la chance de les recevoir ! Du 25 au 27 octobre 2016, au Beach Hotel, 50 d’entre eux ont pu échanger sur leur travail au quotidien et partager leurs expériences, qui tournent autour de thématiques communes. La question très pratique de la gestion des mouillages a été explorée lors d’un atelier, mais aussi le sujet de la connectivité écologique, qui consiste à travailler en réseau afin de prendre en compte la réalité écologique des espèces qui se déplacent, comme les oiseaux migrateurs ou les baleines à bosse. L’implication de la société civile, qui tend à susciter la responsabilisation et la prise de conscience des citoyens dans la gestion des aires marines protégées, a été évoquée, tant elle est nécessaire. Romain Renoux, en charge du pôle coopération régionale et éducation à la Réserve naturelle de Saint-Martin, était président du Forum depuis 2014 et a passé le témoin pour les deux prochaines années à Karine Pothin, directrice de la Réserve marine de La Réunion. L’outre-mer était à l’honneur et Julien Chalifour, en charge du pôle scientifique, a présenté les travaux de la Réserve, parmi lesquels la création de pépinières de coraux, mais aussi les suivis des oiseaux et des tortues marines... Ensuite, du Rocher Créole à Pinel, en passant par Tintamare, les participants ont pu apprécier sur le terrain une partie de ce travail ainsi que les aménagements des sites, à l’occasion d’une sortie en mer à bord de deux catamarans - Scoobitoo et Solana, tous deux partenaires de la Réserve. La Réserve naturelle a financé cette sortie en mer.

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