La maîtrise des impacts anthropiques sur les espaces protégés

La maîtrise des impacts anthropiques sur les espaces protégés

La maîtrise des impacts anthropiques sur les espaces protégés

Une chaîne d’ancre sur l’herbier An anchor chain on the plant bed
Une chaîne d’ancre sur l’herbier An anchor chain on the plant bed

La gestion de l’herbier de la baie Blanche, à Tintamare, sur lequel se nourrissent les tortues vertes, était au coeur de la mission de Charlotte Bousquet, en stage à la Réserve naturelle de février à juillet 2016.

L’étudiante, en master 2 «sciences de l’environnement et de l’écologie littorale» à l’université de La Rochelle, a commencé par cartographier l’herbier et évaluer son état de santé global. Puis elle a mis en place un suivi de la fréquentation de la baie par les bateaux, en notant leur taille, s’ils appartenaient à un plaisancier ou à un professionnel du nautisme et s’ils choisissaient d’utiliser leur ancre plutôt que l’une des bouées de mouillage mises à leur disposition par la Réserve naturelle. Sur la base de ces premiers résultats, la stagiaire a cherché à connaître l’impact des ancres et des chaînes sur l’herbier, qui peuvent laisser des cicatrices importantes. Pour cela, elle a identifié trois secteurs : la zone où sont implantées les bouées ; la zone de mouillage en arrière des bouées, où certains marins préfèrent ancrer ; et enfin la zone située au sud de la baie, où les bateaux ne mouillent quasiment jamais. Conclusion : l’état de santé global de l’herbier est plutôt bon, malgré la présence ponctuelle de petits secteurs plus impactés que d’autres par l’ancrage. Également, le recours au mouillage sur ancre est plus souvent le fait de plaisanciers que de professionnels. Quant à la fréquentation, plutôt réduite, elle connaît des pics pouvant aller jusqu’à une quinzaine de bateaux rapides en même temps, mais pour un temps limité, les jours où plusieurs paquebots sont accueillis en baie de Philipsburg. Ce rapport a mis en lumière la nécessité de renforcer le travail de sensibilisation auprès des plaisanciers et ouvre la réflexion sur une réorganisation des usages et des mouillages au sein de la zone.

Le radeau ancré sur le Grand Étang The raft anchored in the Grand Étang
Le radeau ancré sur le Grand Étang The raft anchored in the Grand Étang

La Réserve a mis à l’eau mi-octobre un radeau sur le Grand Étang, aux Terres Basses, afin de favoriser le repos et la nidification des petites sternes, au nombre de 75 cette année sur le site.

L’idée est bien sûr de protéger cet oiseau migrateur, espèce au statut de conservation «préoccupant » au niveau mondial et «vulnérable» au niveau local. Très sensible aux dérangements, la petite sterne nidifie en bordure des étangs, sur le sable, et ses oeufs ne sont pas à l’abri d’une brusque montée des eaux ou de la gourmandise d’un rat ou d’un chien. Ce qui ne serait plus le cas si elle pondait sur un radeau, au beau milieu de l’étang. Le procédé existe, mais c’est une première à Saint-Martin, et la Réserve croise les doigts pour que les petites sternes s’approprient rapidement ce nouvel espace. Cela peut prendre plus ou moins de temps, comme en Camargue, où il a fallu trois ans pour que les oiseaux nidifient enfin sur leur radeau. Long de six mètres et large de trois, l’engin flottant en bois est ancré dans l’étang et conçu pour le confort des oiseaux : le fond est tapissé de gravier et des caches sont prévues à l’intérieur pour que les petits puissent se protéger des éléments. Les résidents des Terres Basses ont été réceptifs à ce projet dès qu’il leur a été présenté par la Réserve et vont participer à son financement, assuré également par la Réserve et la Fondation du patrimoine. L’équipe de la Réserve a construit l’embarcation, conçue et dessinée par Caroline Fleury, chargée d’étude milieux terrestres et lacustres, supervisée par Julien Chalifour au sein du pôle scientifique de la Réserve.

Plongeur sur le terrain à Discovery Bay |  Diver on the field at Discovery Bay
Plongeur sur le terrain à Discovery Bay | Diver on the field at Discovery Bay

Le suivi et l’amélioration de l’état de santé de leurs récifs constituent une priorité environnementale pour un nombre croissant d’îles de la Caraïbe,

Qui souhaitent à présent harmoniser les techniques qu’elles emploient afin de les parfaire. C’est dans cet objectif que le Global Reef Monitoring Network (GCRMN) a organisé un atelier technique à Discovery Bay, en Jamaïque, du 17 au 26 avril 2016. Julien Chalifour, responsable du pôle scientifique de la Réserve naturelle de Saint-Martin, y a retrouvé des scientifiques venus des USA, de Cuba, du Venezuela, de la Barbade, ainsi que de Saba, Saint-Eustache, Sint Maarten et Saint-Barth. Tous ont exposé leurs techniques de suivi et mis en commun leurs expériences et leurs connaissances afin de les partager. Kai Wulf, du Parc Marin de SabAinsi, quelques apports vont permettre d’améliorer la sensibilité du protocole parfaitement compatible mis en oeuvre à Saint-Martin depuis 2008. L’une de ces améliorations, qui consiste à mieux estimer la transparence de l’eau grâce à un disque de Secchi, a d’ores et déjà été prise en considération. Le CAR-SPAW, coorganisateur de l’événement, a financé le séjour de Julien Chalifour et de Sébastien Gréaux, son homologue de l’Agence territoriale de l’environnement de Saint-Barthélemy. Cette harmonisation des méthodes et donc des données produites contribuera à améliorer leurs échanges entre acteurs, mais aussi à améliorer la vision globale de l’état de santé des récifs de la Caraïbe, pour une gestion régionale durable.

Babit Point
Babit Point

Comme prévu, le Conservatoire du littoral a consulté les riverains du site de Babit Point, à Oyster Pond,

Afin de décider avec eux des meilleures actions à lancer afin que ce magnifique site sauvage le reste, tout en invitant à la promenade. Il a ainsi été décidé d’aménager une petite zone d’accueil, agrémentée de panneaux informatifs et de plantations d’essences locales, comme le gaïac ou le melocactus intortus. Un balisage du sentier est prévu, afin d’éviter le piétinement. Il sera jalonné d’étiquettes botaniques et deux tables d’orientation permettront une meilleure découverte des îles environnantes. Les membres de l’Association syndicale libre d’Oyster Pond (ASLOP) ont demandé qu’un totem soit érigé en bonne place, afin de donner une dimension artistique à ce site poétique. Locals speak up at Babit Point As planned, the Conservatoire du Littoral consulted the local population at the site of Babit Point, at Oyster Pond, in order to decide with them on the best actions to take so that this magnificent nature site remain undeveloped but open to hikers. It was decided to create a

La trace laissée par une tortue venue pondre | The trace left by a nesting turtle
La trace laissée par une tortue venue pondre | The trace left by a nesting turtle

La protection des tortues marines est un sujet qui chaque année mobilise les bénévoles.

Ainsi, 25 écovolontaires ont participé en mai à la seconde soirée annuelle organisée par la Réserve naturelle. Julien Chalifour y a présenté les espèces de tortues qui viennent pondre sur les plages de l’île, leur cycle de vie et les actions mises en place par la Réserve pour les préserver et favoriser leur reproduction. Les écovolontaires participent à cette protection en arpentant régulièrement les plages qui leur sont assignées et en y relevant les traces laissées par les tortues venues creuser un nid pour y enfouir leurs oeufs. Il n’est pas trop tard pour participer ! Contacter la Réserve sur science@rnsm.org ou via la page Facebook.

Le sanctuaire Agoa | The Agoa sanctuary
Le sanctuaire Agoa | The Agoa sanctuary

Le troisième conseil de gestion du sanctuaire de protection des mammifères marins Agoa s’est tenu en Guadeloupe les 27 et 28 avril 2016,

Sous la présidence d’Yvon Combes. Saint-Martin y était représenté par Ramona Connor, vice-présidente du conseil territorial; Kate Richardson, directrice de l’Office de Tourisme; Bulent Gulay, président de l’association Métimer; Nicolas Maslach, directeur de la RNN de Saint-Martin et Romain Renoux, correspondant Agoa à Saint-Martin. Le conseil a élu Maurice Bonté vice-président du sanctuaire, en sa qualité de président de l’association des maires de Martinique. L’assemblée a étudié entre autres les conséquences de la campagne sismique CASEIS sur les mammifères marins. Cette campagne vise à retrouver la trace des grands séismes de l’arc antillais afin de mieux comprendre le cycle sismique de la zone. En 2015, le bureau d’Agoa a été amené à rendre 7 avis sur divers projets (recherche sismique, agrandissement de zones portuaires, campagne océanographique) ayant un impact potentiel sur les cétacés afin de supprimer ou limiter au maximum cet impact. Créée lors du premier conseil de gestion en Martinique la commission de coopération internationale a défini une stratégie de coopération à mener au sein de la Caraïbe et au-delà : il s’agit de relayer cette protection le long des routes migratoires des cétacés, qui parcourent pour certains plusieurs milliers de kilomètres de l’Atlantique nord aux eaux tropicales. Plus d’information sur http://www.sanctuaire-agoa.fr/

La baie de Cul-de-Sac envahie par les sargasses
La baie de Cul-de-Sac envahie par les sargasses

Comment traiter les sargasses sans porter atteinte à l’environnement et notamment à la ponte des tortues marines.

C’était le thème de la formation dispensée aux brigades vertes le 21 octobre 2015 par le pôle scientifique de la Réserve naturelle. La création de ces brigades répond à la problématique des sargasses et émane d’une collaboration entre la Préfecture, la Collectivité et la Réserve naturelle. Deux groupes d’une douzaine de jeunes brigadiers accompagnés de leurs encadrants ont été sensibilisés à la stratégie la plus écologique de ramassage des sargasses et de leur évacuation. Ils ont d’abord découvert la biologie des tortues marines et leur cycle de vie et appris, entre autres, comment on peut utiliser d’éventuels engins mécaniques sans détruire les nids de tortues, ou encore à quel endroit il était conseillé de stocker les sargasses pendant leur égouttage, loin des nids qu’elles étoufferaient. Julien Chalifour leur a expliqué qu’il existait deux types d’algues, dans lesquels vivaient de tout petits poissons-crapauds, des crevettes d’un centimètre de long environ, de petites limaces et surtout des hydraires plus connus sous le nom de «brûlants». Il faut éviter de toucher ces animaux coloniaux qui ressemblent un peu à des fleurs, car ils sont urticants.

Charlotte Bousquet
Charlotte Bousquet

Pourquoi y a-t-il tant de tortues vertes à Tintamare?

Parce qu’elles y sont protégées, bien sûr, mais surtout parce qu’elles se nourrissent sur l’herbier qui en tapisse les fonds. C’est dire l’importance de cet écosystème et la nécessité de sa bonne gestion, notamment par la présence de dix-sept corps-morts, mis à la disposition des plaisanciers par la Réserve. Cet herbier est l’objet de la mission de Charlotte Bousquet, étudiante à l’université de La Rochelle en master 2 «sciences de l’environnement et de l’écologie littorale», en stage à la Réserve naturelle de février à juillet 2016. L’étudiante a commencé par étudier et décrire cet herbier, avant d’observer l’usage des navires qui parfois jettent l’ancre, soit parce que tous les corps-morts sont utilisés, soit sans raison valable. Le coeur de sa mission va consister à déterminer les différents usages des bateaux sur trois zones : la zone de mouillage sableuse, la zone sableuse en arrière du mouillage et la zone d’herbier où les bateaux jettent parfois l’ancre. Sur la base de ces résultats, elle formulera des préconisations pour une gestion optimale de ces trois zones, afin d’en améliorer la conservation

Une tortue dans son élément

Les chaînes d’ancre détruisent l’herbier

Biohab St.Barth
Biohab St.Barth

Dans un contexte mondial de raréfaction du couvert corallien, les projets d’habitats artificiels sousmarins se multiplient, l’objectif étant de développer la biomasse en favorisant la survie des poissons et des crustacés.

Invité à Saint-Barthélemy début mars par l’Agence de l’environnement à l’occasion de la «Semaine de la mer», Julien Chalifour a présenté le projet BioHab, mis en place depuis 2014 dans les fonds de la Réserve naturelle de Saint-Martin, et dont les résultats ont dépassé les espérances. Cinq mois après la mise en place des modules en parpaings, 33 espèces s’étaient installées sur ce site auparavant désert et l’on comptait 151 individus pour 100 mètres carrés, dont 63 langoustes royales, soit une densité bien supérieure à celle que l’on observe sur les récifs naturels! D’autres intervenants ont présenté leurs projets sur la thématique de la restauration des massifs coralliens et notamment le procédé Biorock, dont l’objectif est de stimuler la croissance du corail avec la circulation d’un courant électrique. Ces diverses initiatives sont des projets complémentaires visant sur le long terme à permettre le maintien et la restauration de nos écosystèmes récifaux.

Les singes verts étant de plus en plus nombreux à Saint-Martin, leur problématique prend de l’ampleur. Cette espèce introduite est présente sur les deux côtés de l’île et le gouvernement de Sint Maarten a sollicité la Réserve naturelle en vue d’une collaboration transfrontalière pour la gestion de leur population. De nombreux habitants ont été amenés à observer des groupes de singes verts évoluant en milieu naturel, mais aussi dans des zones périurbaines, comme à Concordia, Hope Estate, Rambaud ou aux Terres Basses. Certaines personnes se sont retrouvées nez à nez avec un singe chapardant de la nourriture dans leur cuisine et certaines d’entre elles ont constaté un comportement agressif face à des humains ou des animaux domestiques. Ces primates sont également responsables de vols et de dégradation dans les jardins et les potagers. Plusieurs décisions ont été prises à l’occasion des deux premières réunions de travail : recensement des singes verts et estimation de leur population, perception de leur présence auprès du public et mise en place d’un suivi de localisation de leurs territoires. L’éventualité d’une régulation de leur natalité a été envisagée, mais pas leur éradication. En effet d’autres îles, comme Saint-Kitts, ont bien tenté de contrôler la population de ces singes en les tuant au fusil, mais sans résultat probant. Cette initiative transfrontalière s’organisant autour du singe vert pourrait être la toute première collaboration d’une série visant à la mise ne place d’une meilleur gestion des espèces invasives de notre ile : l’iguane commun, le poisson lion, la reinette de Cuba, l’achatine, la mangouste ou la liane corail… Comme souvent lorsque l’on parle de collaboration entre les deux parties de l’île, certaines actions vont se heurter à des réglementations différentes. Si Sint Maarten envisage de marquer les animaux au paint ball pour leur recensement, cette approche semble plus complexe à mettre en oeuvre au regard de la réglementation française. La Réserve étant uniquement compétente sur le territoire qu’elle gère, en dehors de ce périmètre, les futures actions devront intégrer les services compétents de la Collectivité et de l’État.

Deux phases étaient prévues par le Conservatoire du littoral pour la réhabilitation du site de Babit Point, à Oyster Pond. La première phase est terminée, avec la démolition de la maison en ruines et la mise en place d’une clôture tout autour du site, afin d’empêcher l’accès des véhicules. La seconde phase, qui consistera à mettre en valeur la beauté du paysage de ce site, se fera un peu plus tard, en accord avec l’ensemble des riverains du quartier.

Les ruines du Galion vues du ciel Aerial picture of the ruins in The Galion
Les ruines du Galion vues du ciel Aerial picture of the ruins in The Galion

Les démêlés judiciaires qui opposaient le Conservatoire du littoral et la SCI Le Galion, propriétaire de la parcelle AW16 sur laquelle continuent de se dégrader les ruines de l’ancien hôtel, viennent enfin de connaître un avancement positif, avec la fixation du prix de ce terrain par la justice. En conséquence, le Conservatoire peut prendre possession des lieux et procéder à la démolition de ces constructions disgracieuses. Six mois de travaux et un budget de 660 000 euros sont prévus pour la destruction. Ce budget élevé est dû à la présence d’amiante dans les bâtiments et à la réglementation très stricte liée au traitement de ce polluant dangereux. L’appel d’offres est en cours : le chantier commencera en début d’année prochaine et se terminera dans le courant du second semestre 2016. Le Conservatoire consacrera 1 M€ au total sur le projet du Galion, avec la remise en état du site et son aménagement pour le public, qui bénéficiera d’un mobilier adapté aux piqueniques et au repos. L’étude de valorisation effectuée par le Conservatoire prévoit la canalisation de la circulation des véhicules, ainsi que l’intégration dans le paysage d’une base nautique et d’un snack. En accord avec la Collectivité et à l’issue de cette réhabilitation, une convention tripartite définira les rôles de chacun.

La piscine flottante du Galion accueillant des scolaires, la réglementation impose à la Collectivité de prévoir la présence d’un maître nageur sauveteur (MNS). Et qui dit MNS, dit poste de secours. Cette obligation étant liée à la sécurité des jeunes, le Conservatoire a autorisé la Collectivité à mettre en place cette construction légère en bordure de la plage.

54 rats ont été piégés en deux semaines à Tintamare ainsi que 23 rats et 6 souris en une semaine à Pinel, au cours d’une campagne de captures menée en juillet 2015. Ces chiffres restent modestes lorsqu’on les compare à la campagne 2013, au cours de laquelle 268 rats avaient été tués à Tintamare, et 78 rats et 41 souris à Pinel. La réduction des ressources alimentaires en raison de la sécheresse est la cause probable de la moindre présence de rongeurs sur ces deux îlots. Également, à Pinel, les restaurateurs gèrent les déchets alimentaires au mieux et procèdent également à des actions de régulation. Espèces introduites, rats et souris sont friands d’oeufs d’oiseaux et de tortues marines. À Tintamare, les rats s’attaquent au gaïac, dont ils dévorent les graines. Cette opération, coordonnée par la Réserve, a été rendue possible grâce au travail des stagiaires Nathan Leroy et Thierry Mordon-Constant.

Après une première expérience décevante, le Conservatoire du littoral relance le projet d’installation de toilettes sèches à Pinel. Grâce à l’expérimentation réussie de l’un des restaurateurs de l’îlet, qui a installé avec succès des toilettes fonctionnant selon un nouveau système technique adapté au climat tropical, le Conservatoire va mettre en place trois autres dispositifs sanitaires, en collaboration avec la Réserve naturelle. Le premier sera installé très prochainement et les deux autres au printemps 2016.

L’étang aux Poissons |  Fish Pond
L’étang aux Poissons | Fish Pond

Le traitement des eaux usées à Saint-Martin n’est correctement effectué que dans certains secteurs et l’Établissement des eaux et de l’assainissement (EEASM), avec la Collectivité, a placé la construction de nouvelles stations d’épuration (STEP) tout en haut de la liste de ses priorités. Deux stations, l’une à Quartier d’Orléans et l’autre à La Savane, sont en projet. La Réserve reste vigilante, ces deux stations étant installées en bordure de l’étang aux Poissons pour la première et de l’étang de La Savane pour la seconde, deux sites protégés du Conservatoire du littoral. Une étude d’impact a été menée, des taux de rejet acceptables ont été fixés et le principe de mesures compensatoires accepté par l’EEASM : suivis de la qualité de l’eau des étangs, intégration paysagère des STEP, revégétalisation autour des sites, mise en place d’aménagement pour le public, comme par exemple un observatoire aux oiseaux.

Dans le nord de l’île, où les eaux usées se déversent actuellement dans l’Étang aux Poissons sans aucun traitement, le projet de grande STEP de Quartier d’Orléans, vers laquelle convergeront les eaux usées de Mont Vernon, de la Baie Orientale et de Quartier d’Orléans, devra être terminé avant la fin 2020, dans la mesure où il bénéficie de fonds européens. Les travaux commenceront en 2015 afin de respecter le calendrier et verront à terme l’enfouissement de kilomètres de canalisations, dont certaines sur des zones protégées. Des procédures juridiques sont nécessaires au niveau du foncier, et la Réserve naturelle comme le Conservatoire du littoral font en sorte de faciliter ces procédures : une convention d’occupation temporaire s’applique à juste titre et la réduction des rejets polluants dans les étangs va dans l’intérêt de la protection de ces espaces fragiles.

À La Savane, dans le cadre de la construction de la nouvelle cité scolaire et du traitement de ses eaux usées, plusieurs parcelles autour de l’étang abritant des constructions illégales depuis des années, la seule solution pour installer les canalisations de la future STEP sans détruire les habitations impose de les faire passer par l’étang. Mais comment? L’ingénieuse solution trouvée par l’EEASM et la Réserve va consister à mettre en place un sentier en platelage de bois, sous lequel les canalisations seront fixées. Ce joli sentier aura un double avantage, puisqu’il permettra aussi aux jeunes de Grand-Case de se rendre à pied en cours, sans emprunter la route.

Babit Point : avant | Babit Point : before
Babit Point : avant | Babit Point : before

Le Conservatoire du littoral l’avait promis et c’est fait : la maison en ruines qui défigurait le magnifique site de Babit Point a été détruite. La prochaine étape va consister à clôturer le terrain avec une barrière en bois, afin de le protéger et de le délimiter. Le Conservatoire participera à la prochaine assemblée générale de l’Association syndicale libre d’Oyster Pond, afin de consulter et d’écouter les résidents du quartier au sujet des aménagements destinés à valoriser le site.

La baie de l’Embouchure “Galion Beach”
La baie de l’Embouchure “Galion Beach”

Bonne nouvelle : l’occupation illégale des terrains de l’État à Saint-Martin est négligeable, surtout en comparaison de la situation en Guadeloupe et en Martinique où, il faut tout de même le préciser, les terrains appartenant à l’État sont beaucoup plus nombreux et étendus. C’est le bilan de la mission sénatoriale destinée à évaluer l’occupation illégale des terrains de l’État dans les départements français d’Amérique, en déplacement sur notre île le 2 mai 2015. Guillaume Arnell, sénateur de Saint-Martin, et Michel Magras, sénateur de Saint-Barth, faisait partie de cette délégation, avec deux autres sénateurs et un administrateur du Sénat. La mission a apprécié la collaboration existante entre la Collectivité, le Conservatoire et la Réserve, dans une vision commune de protection de l’environnement. Cette collaboration se vérifiera prochainement sur la baie de l’Embouchure, le Conservatoire désirant inviter la Collectivité à participer à la gestion de la plage du Galion, dans la mesure où les aménagements prévus concernent en premier lieu la Collectivité et sa population.

Marine Nouhaud
Marine Nouhaud

Stagiaire à la Réserve du 5 janvier au 15 juin 2015, Marine Nouhaud, 22 ans, effectue un master 2 «Ecologie et Dynamique des Littoraux et des Estuaires» à l’université de La Rochelle. Elle a pour mission d’actualiser l’atlas des sites de pontes des tortues marines à Saint-Martin. Créé il y a six ans par Pauline Malterre, à l’époque chargée de mission scientifique à la Réserve, et Éric Delcroix, responsable du réseau tortues marines en Guadeloupe, cet atlas synthétise l’état des lieux de la qualité de toutes les plages fréquentées par les tortues en période de ponte, sur l’ensemble de la partie française de l’île. Sur les plages répertoriées dans cet atlas, l’étudiante note tous les changements survenus depuis 2009 en ce qui concerne principalement l’état de la végétation et l’artificialisation des plages. Elle fera les préconisations estimées nécessaires pour favoriser la ponte des tortues. Il pourra s’agir par exemple de planter des raisiniers en bordure des plages, comme l’a déjà fait la Réserve à Pinel et à Grandes Cayes. Parallèlement, Marine participe au suivi des pontes de tortues marines avec l’équipe des 60 écovolontaires chargés d’arpenter les plages deux fois par semaine, afin de repérer les traces de montée des tortues venues creuser leur nid.

Tintamare mouillages | Moorings
Tintamare mouillages | Moorings

Les dix-sept bouées de mouillage mises à la disposition des plaisanciers devant la plage Blanche de Tintamare ont toutes été remises en état et remplacées si nécessaire. Ces bouées sont reliées à leur corps-mort par un bout mixte constitué d’acier et de nylon, qui devrait résister aux pales d’hélice comme aux tentatives de vols. Également, tous les mouillages et leurs bouées installés sur les sites de plongée ont été vérifiés, réparés et éventuellement remplacés.

Fin avril, la croix de Saint-André et le feu couronnant la grande bouée jaune de délimitation de la Réserve naturelle au niveau du Rocher Créole ont disparu, vraisemblablement lors d’une collision avec un bateau. La Réserve invite quiconque détiendrait ce matériel à contacter Franck Roncuzzi au 06 90 57 95 55, sans crainte de représailles. La réparation de la bouée coûte 1200 euros et la Réserve serait soulagée de récupérer la croix et le feu, même endommagés.

Chaque année à l’occasion du Fish Day, qui se tient le premier dimanche de mai autour de l’embarcadère de Pinel, la Réserve naturelle facilite la circulation des nombreux visiteurs en permettant aux véhicules d’utiliser le raccourci naturel entre l’étang de la Barrière et la route de Grandes Cayes. Cette autorisation se fait en coopération avec la Collectivité, de manière à ce que l’impact sur le milieu naturel soit le plus faible possible. Au préalable, la Réserve avait réparé le sentier dans la mangrove mis à mal par le cyclone Gonzalo et nettoyé l’étang. De son côté, la Collectivité avait ordonné l’enlèvement d’une partie des abondantes sargasses qui s’entassent depuis plusieurs mois sur le rivage.

Les Terres Basses inondées après Gonzalo © Association des propriétaires des Terres Basses
Les Terres Basses inondées après Gonzalo © Association des propriétaires des Terres Basses

Conséquence prévisible d’une urbanisation mal maîtrisée, le débordement des étangs des Terres Basses à la suite des fortes pluies du 8 novembre a provoqué d’importantes inondations et il a fallu plusieurs jours pour un retour à la normale, faute d’écoulement naturel vers la mer. Le Conservatoire du littoral étant propriétaire de ces étangs, il devra être consulté au cas où l’association des propriétaires des Terres Basses décide de prévoir des travaux d’évacuation des eaux.

PLU : le Conservatoire reste vigilant

En janvier 2015, le Conservatoire du littoral valide sa stratégie foncière pour l’année. En raison de l’avènement du nouveau Plan local d’urbanisation (PLU) de Saint-Martin, le Conservatoire reste vigilant quant à l’avenir de certains sites : Bell Point entre Grand- Case et Anse Marcel, Red Rock le long du sentier des Froussards ainsi que les mornes autour du Pic Paradis.

Cette maison en ruines sera détruite en 2015
Cette maison en ruines sera détruite en 2015

Après l’acquisition de trois parcelles en 2013 sur le site de Babit Point, le Conservatoire a de nouveau négocié à l’amiable avec l’Association syndicale libre d’Oyster Pond (ASLOP) en octobre 2014 pour acquérir les trois dernières parcelles qui le rendent entièrement propriétaire du site. Cette acquisition est la garantie pour les habitants d’Oyster Pond que cet espace d’une grande qualité paysagère restera naturel. Comme prévu dans la réhabilitation du site, la maison en ruines qui dépare le paysage fera l’objet d’un désamiantage début 2015, juste avant sa démolition. Puis, en concertation avec les riverains, l’étape suivante sera la mise en place d’un sentier botanique ouvert au public, doté d’un point d’observation, ainsi qu’une revégétalisation globale de Babit Point.

Halophilia gagne du terrain

La plante marine Halophilia stipulacea gagne du terrain. Très présente dans le lagon de Simpson Bay, cette espèce invasive introduite par l’intermédiaire des ancres de bateaux se développe à présent tout le long de baie Longue, où une longue bande bien fournie a été repérée par Julien Chalifour, sur des espaces sableux, vierges de toute végétation, mais également au sein de l’herbier existant, ce qui est plus alarmant. Une évolution à surveiller, aussi la Réserve encourage les usagers à lui signaler leurs observations (lieu, profondeur, monospécifique ou non) et à la documenter par des photographies.

Reconstruction de BioHab après le passage de Gonzalo
Reconstruction de BioHab après le passage de Gonzalo

Gonzalo a causé bien des dommages sur l’eau, mais également sous l’eau où, à 20 mètres de profondeur, le cyclone a réussi à chambouler les modules en parpaings qui constituent le récif artificiel BioHab. Une équipe de la Réserve a plongé dès que la transparence de l’eau l’a permis et a constaté que nombre de modules étaient renversés et même déplacés. Cela donne une idée de la violence de la houle pour qu’elle ait un impact à cette profondeur. Les dégâts sont limités, aucun parpaing n’est cassé et les gardes se sont déjà mis à reconstruire ce qu’ils avaient soigneusement mis en place depuis le début de l’année. Curieusement, de nouvelles espèces sont apparues autour de BioHab, dont une espèce de la famille des gorettes et un poisson lion jamais vus auparavant sur ce site, mais d’autres espèces ne sont plus là, dont les langoustes adultes, vraisemblablement parties vers d’autres sites avec le courant. Cet imprévu va retarder de quelques semaines le projet BioHab2, prévu à une quinzaine de mètres de profondeur. Une bonne nouvelle à noter : les récifs coralliens ne semblent pas avoir été impactés par Gonzalo.

Le suivi de la colonisation sur BioHab à Saint- Martin n’a plus de secret pour les 200 spécialistes en gestion des ressources marines venus du Golfe du Mexique et de toute la Caraïbe pour assister au 67ème congrès annuel du Gulf and Caribbean Fisheries Institute, organisé cette année à La Barbade. Julien Chalifour, en charge du pôle scientifique à la Réserve, a présenté le projet BioHab, qui a vivement intéressé l’assistance. Ce déplacement a été rendu possible grâce à un financement du Programme des Nations- Unies pour l’environnement (PNUE) et du Centre d’activités régional pour les espèces et les espaces spécialement protégés de la Caraïbe (CAR-SPAW).Julien Chalifour présentant le projet BioHab . Julien Chalifour presenting the BioHab project
Traces laissées dans le sable par une tortue venue pondre .
Traces laissées dans le sable par une tortue venue pondre

À la fin de la saison des pontes, qui se déroule de mars à octobre, le réseau tortues marines de la Réserve arrive à l’heure du bilan. Plus de 653 patrouilles ont été rapportées sur la dizaine de plages désignées sur l’ile et 249 traces de tortues remontant vers leur site de ponte ont été relevées. Ce chiffre prouve une affluence un peu décevante des tortues, 2014 étant considérée comme une année «à tortues», le cycle de ponte des tortues marines connaissant un pic tous les deux ans. En 2012, on dénombrait 185 traces de montée de tortues pour 529 patrouilles, soit quasiment le même nombre de traces, mais beaucoup moins de patrouilles, contre 277 traces pour 1 018 patrouilles en 2013. Attention, cette tendance ne traduit pas forcément celle du nombre d’adultes présents en mer, les tortues marines ne pondant pas chaque année, mais tous les 2 à 3 ans. Merci aux écovolontaires, toujours plus nombreux à répondre à l’appel de la Réserve.

Cette tortue a été victime d’un braconnier
Cette tortue a été victime d’un braconnier

Entre mars et novembre 2014, la Réserve naturelle a constaté 5 échouages de tortues marines sur les plages. Deux de ces tortues sont mortes à la suite de collisions, l’une devant l’anse Marcel et l’autre dans la Baie Orientale; deux ont été tuées par des braconniers, à Grand-Case, et la dernière, longue de 69 centimètres, s’est échouée sur la plage de la baie Orientale, apparemment victime de mort naturelle.

Débordement récurrent au niveau de ce regard (photo d’archives)
Débordement récurrent au niveau de ce regard (photo d’archives)

Quant la conciliation n’aboutit pas…

En accord avec le Conservatoire du littoral et après une tentative de conciliation infructueuse, la Réserve naturelle a décidé la mise en place d’une stratégie plus stricte visant à s’assurer que les opérateurs installés au Galion respectent la réglementation. Résultat des contrôles pratiqués en novembre par les gardes de la Réserve : trois des quatre sociétés - La Ferme aux Papillons, le centre de dressage canin GM Éducation et le refuge PawSitive - ne se soucient pas de respecter la loi et ont été verbalisées à deux titres. D’une part pour occupation sans autorisation du domaine appartenant au Conservatoire du littoral et d’autre part pour activité non autorisée dans la Réserve naturelle. Seul le centre équestre Bay Side, en règle administrativement, cadre dans le décret de création de la Réserve, qui prévoit ce type d’activité.

Un troisième PV pour une pollution récurrente

Le lundi 24 novembre, la Réserve naturelle a dressé un troisième procès-verbal à l’encontre de l’hôtel La Samanna pour un écoulement d’eaux usées dans le Grand Étang aux Terres Basses et après deux mises en demeure pour que l’hôtel procède aux travaux nécessaires. En 2012, une réunion avait été organisée par la Réserve avec la direction de l’hôtel et l’Établissement des eaux et de l’assainissement (EEASM), propriétaire des canalisations et de la station de relevage que La Samanna estime ne pas bien fonctionner. Il apparaît pourtant d’une part que les eaux sales originaires de la laverie de l’hôtel ne sont pas correctement filtrées et que les résidus de textiles provoquent des bouchons, d’autre part que les bacs à graisse sont sous-dimensionnés et enfin que toutes les eaux usées de l’établissement sont rejetées dans le réseau sans aucun traitement. Le procès-verbal a été transmis au vice-procureur et l’affaire sera jugée à Saint-Martin.

Un homme averti écope d’un PV

L’arrêté préfectoral interdisant la pratique du kite surf dans la baie du Galion n’est hélas pas toujours respecté - et souvent mal compris - mais les gardes de la Réserve naturelle privilégie le dialogue avec les usagers et n’avaient d’ailleurs dressé qu’un seul procès-verbal jusqu’au 21 novembre. Ce jour-là, un kite surfer pourtant rappelé à l’ordre à de multiples reprises a fait l’objet d’un procès-verbal pour pratique d’une activité interdite dans la Réserve.

La Ferme aux Papillons verbalisée par l’ONCFS

L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) ne possède pas d’antenne à Saint-Martin, mais envoie ponctuellement des agents de Guadeloupe en mission. Présents sur notre île du 17 au 21 novembre, deux agents de l’ONCFS ont effectué un contrôle à la Ferme aux Papillons et ont constaté que l’opérateur travaillait sans autorisation de la Réserve ni de la préfecture malgré les nombreux rappels à l’ordre, qu’il n’avait pas d’assurance ni d’autorisation de détenir des animaux sauvages. Un procès-verbal a été dressé et transmis au parquet.

Annoncé dans la dernière édition de ce journal, le projet-pilote d’habitat artificiel sous-marin Bio- Hab, habitat de choix pour des milliers de larves auxquelles il permet de survivre, s’annonce d’ores et déjà comme un franc succès. Depuis la mise en place en janvier 2014 du premier module constitué de parpaings disposés en pyramide, quatre autres modules de formes différentes ont été construits et neuf modules au total ont été implantés. Les premières plongées de suivi ont permis de constater une rapide évolution de la faune sur le premier module, suivie d’une colonisation quasiment identique de tous les autres. En cinq mois, 33 espèces se sont installées sur ce site auparavant désert et l’on comptait 151 individus pour 100 mètres carrés en juillet, dont 63 langoustes royales, soit une densité bien supérieure à celle que l’on observe sur les récifs naturels! Les autres espèces les plus présentes sont les gorettes, les mombins, les crabes-araignées nez pointu et les crevettes nettoyeuses. La biomasse estimée s’élève à 45,1 kilos pour 100 mètres carrés, dont 43,5 kilos de langouste royale. Inutile de dire que la Réserve naturelle tient secret le lieu de cette expérimentation, que d’aucuns pourraient considérer comme une mine d’or. Le projet va se poursuivre avec l’implantation d’un second site, toujours dans la Réserve, mais à une profondeur moindre, avant la fin de l’année 2014. Le but est de comparer les espèces colonisatrices, ainsi que les contraintes logistiques liées à la profondeur : durée de plongée, impact de la houle, disponibilité de la lumière…

Initié au Japon et repris depuis sur toute la planète, notamment à l’île de La Réunion, l’objectif principal des récifs artificiels est le développement de la biomasse en favorisant la survie des poissons et des crustacés. À Saint- Martin, dans un contexte de raréfaction du couvert corallien, ce projet ouvre des horizons nouveaux, notamment pour les pêcheurs et les plongeurs. À noter : aucun poisson-lion n’a pour le moment été observé sur le site.
Halophilia stipulacea
Feuilles et rhizomes de la plante Halophilia stipulacea

Arrivée en février à la Réserve, Éva Moisan avait six mois pour étudier Halophilia stipulacea, espèce invasive introduite par l’intermédiaire des ancres de bateaux et qui peu à peu grignote de l’espace dans l’herbier sous-marin. À la veille de son départ, cette étudiante en Master professionnel à l’Université de Corte a rendu son rapport et apporte des réponses nuancées sur les conséquences de l’arrivée de l’algue dans les eaux de Saint-Martin. On constate d’abord que la taille de la plante est inférieure localement à ce qu’elle est dans le reste de la Caraïbe. Ses rhizomes s’allongent à Saint-Martin de 0,26 à 2,16 centimètres par jour, alors qu’une croissance quotidienne pouvant aller jusqu’à 6 centimètres a été enregistrée dans d’autres îles. Son observation a fait apparaître que l’algue a une croissance ralentie sur les sites où elle est en compétition avec Syringodium et Thalassia, les deux espèces locales, mais qu’elle s’étend rapidement sur les plaines de sable plus profondes, vierges de végétation. Par principe de précaution, les premières constatations impliquent de classer l’espèce comme potentiellement invasive, compte-tenu de son expansion continue, de l’absence de régression sur les sites déjà colonisés et de son apparition sur cinq nouveaux sites depuis un an. Ce statut d’espèce invasive est par ailleurs déjà reconnu dans d’autres îles de la Caraïbe. En revanche, l’avancée du travail ne permet pas d’affirmer que l’espèce est forcément destructrice. De nouvelles études devraient permettre d’affiner les conclusions, notamment sur les interactions d’Halophilia stipulacea avec la flore locale. À noter : la plante profite pour s’implanter de la fragilité des herbiers natifs, victimes sur certains sites du déversement d’eaux usées ainsi que de la destruction provoquée par les ancres et leurs chaînes.

Afin d’éviter la dégradation des herbiers, les bateaux doivent utiliser les corps-morts mis à leur disposition par la Réserve naturelle au Rocher Créole, à Pinel et à Tintamare.

Léa Daures à l’îlet Pinel, sur le terrain
Léa Daures à l’îlet Pinel, sur le terrain

Grâce au travail de Léa Daures, âgé de 20 ans et étudiante à la faculté des sciences de Montpellier, l’atlas des sites de pontes des tortues marines est aujourd’hui mis à jour. Créé il y a cinq ans par Pauline Malterre, à l’époque chargée de mission scientifique à la Réserve, et Éric Delcroix, responsable à ce moment-là du réseau tortues marines en Guadeloupe, cet atlas récapitule l’état des lieux de la qualité de toutes les plages fréquentées par les tortues en période de ponte. En stage volontaire post-licence, Léa a arpenté l’ensemble des plages concernées afin de constater leur évolution en 2014. En se basant sur les données existantes, elle a noté tous les changements survenus en matière de surface des plages, de disparition ou d’augmentation de la végétation, de nouvelles constructions, d’implantation de nouveaux aménagements susceptibles de perturber les pontes en raison, par exemple, d’émission de lumière ou de bruit. Cet atlas existe pour chaque zone de ponte des tortues marines dans toutes les Antilles françaises et sa mise à jour régulière est un outil supplémentaire pour la préservation des tortues marines.

Sand stolen from Grandes Cayes beach
Vol de sable à Grandes Cayes

Le sable aussi est protégé dans la Réserve

Un quidam indélicat a été surpris le 6 juin en flagrant délit de vol de sable sur la plage de Grandes Cayes. La quantité volée étant limitée à trois seaux de sable, il s’est simplement vu infliger un avertissement par les gardes de la Réserve.

Payer sa dette à la société sur la plage

Dans le cadre de la convention qu’elle a signé avec le parquet et le juge pour enfants, la Réserve a accueilli deux personnes coupables de petits délits, ayant reconnu les faits et accepté d’effectuer un TNR (travail non rémunéré) au bénéfice de la communauté. Ce dispositif, différent du TIG (travail d’intérêt général), évite aux contrevenants de passer par la case tribunal et d’entrer dans une procédure parfois inadaptée à la gravité de leur acte. Leur travail a consisté, en juin pour le premier et en août pour le second, à nettoyer la plage de Grandes Cayes pendant une journée.

Belle vue sur la mare de la baie Lucas A beautiful view of the Baie Lucas pond
Belle vue sur la mare de la baie Lucas A beautiful view of the Baie Lucas pond

L’assainissement des eaux usées est une nécessité et, on le sait, Saint-Martin a encore beaucoup à faire en ce domaine. Cette compétence relève de l’Établissement des eaux et de l’assainissement de Saint-Martin (EEASM), bras armé de la Collectivité sur ces thématiques, notamment pour la réalisation d’un schéma directeur d’assainissement, via la construction de stations d’épuration. Bien consciente de ces réalités et du fait que les espaces protégés dont elle a la charge ne doivent pas pâtir de l’aménagement de tels équipements, la Réserve naturelle, gestionnaire des sites du Conservatoire du littoral, est consultée par l’EEASM en amont de ses projets. Une première station d’épuration a été construite par l’EEASM pour le secteur d’Oyster Pond et mise en service en mars 2013. Suite à une période d’observation de 6 mois, le rejet de cette station se déverse dans la mare de la Baie Lucas, ce joli petit étang que l’on découvre à droite dans un virage, sur la route entre Coralita et l’entrée d’Oyster Pond. Le gestionnaire suit le projet depuis sa conception et le rejet dans l’étang n’a été autorisé qu’après une étude d’impact. La loi sur l’eau veille, et impose différentes mesures afin d’assurer le minimum de conséquences sur l’environnement. La Réserve naturelle a inclus le site dans son suivi des oiseaux des étangs, réalisé tous les mois. Par ailleurs, l’EEASM doit s’assurer que les pratiques utilisées sont les plus qualitatives possibles. Un suivi scientifique du rejet et de l’étang sera réalisé tous les six mois, afin de suivre la qualité des eaux. Le partenariat constitué par la Réserve naturelle, le Conservatoire du littoral et l’EEASM a pour objectif de conserver cet étang dans un bon état de santé. La vigilance reste de mise pour les années à venir.

La pêche est interdite dans la Réserve naturelle Fishing is forbidden in the Reserve
La pêche est interdite dans la Réserve naturelle Fishing is forbidden in the Reserve

Le 10 février, deux gardes de la Réserve en patrouille sur la plage du Galion, baie de l’Embouchure, surprennent un individu en flagrant délit de pêche au filet et l’interpellent. L’homme, récidiviste, réagit très agressivement envers les gardes, qui dressent un procès-verbal. Il a été jugé par le tribunal correctionnel au début du mois de mars et condamné à 850 euros d’amende pour menaces de mort et outrage envers deux agents de la Réserve naturelle.

L’observatoire aux oiseaux de la mare de la baie Lucas The bird observatory on Baie Lucas pond
L’observatoire aux oiseaux de la mare de la baie Lucas The bird observatory on Baie Lucas pond

Après l’étang de la Barrière - qui bénéficie d’une reconnaissance à l’échelle de la Caraïbe en matière de «birdwatching»

- la mare de la baie Lucas et l’étang du cimetière de Grand-Case sont eux aussi dotés d’un observatoire aux oiseaux, pour le bonheur des visiteurs, qui disposent ainsi de trois sites d’observation sur l’île.
L’objectif est d’améliorer la prise en compte du patrimoine naturel de ces zones humides, mais aussi de favoriser le développement local du «birdwatchwing», un réel potentiel écotouristique grâce aux 14 étangs sous protection.

 

Un observatoire aux oiseaux à Oyster Pond…

À deux pas de l’observatoire aux baleines de Coralita et non loin du site de Babit Point, Oyster Pond renforce sa vocation écotouristique avec un nouvel observatoire aux oiseaux, installé par la Réserve naturelle et le Conservatoire du littoral et en partenariat avec l’EEASM (lire article précédent). Situé en bordure de la mare de la baie Lucas, l’observatoire est accessible par un petit sentier en bois et permet de découvrir l’avifaune limicole dans son environnement naturel, mais pas seulement... Si vous êtes juste un peu patient, le martin-pêcheur habitué des lieux vous fera une démonstration de son efficace technique de pêche. Des panneaux informatifs y seront prochainement installés, afin de tout savoir sur les espèces d’oiseaux présentes, mais aussi sur l’intérêt botanique, paysager et géologique du site, où la mangrove jouxte les cactus, qui se développent au milieu de gros amas rocheux aux formes arrondies.

Et à Grand-Case

Chaque année, de mars à mai, l’étang du cimetière de Grand-Case se transforme en héronnière. Par dizaines, grandes aigrettes, aigrettes neigeuses et hérons garde-boeufs nichent dans les bosquets de palétuviers rouges, métamorphosés en nurserie. Ces grands oiseaux et leurs oisillons émaillent le paysage de leurs plumes blanches et offrent un spectacle exceptionnel, qu’il est possible d’admirer en toute quiétude depuis un observatoire en bois, qui sera doté très bientôt d’une signalétique d’interprétation. La mise en valeur de ce site remarquable est organisée par la Réserve naturelle et le Conservatoire du littoral, dans le cadre de la convention de travaux qui les lient. L’étape suivante consitera à aménager les abords du site.

Chloé Rodrigues et un spécimen d’iguane des Petites Antilles Chloé Rodrigues with a Lesser Antillean Iguana
Chloé Rodrigues et un spécimen d’iguane des Petites Antilles Chloé Rodrigues with a Lesser Antillean Iguana

L’iguane des Petites Antilles (Iguana Delicatissima) est une espèce en voie de disparition. Potentiellement éteint à Saint-Martin, certains descendants peuvent cependant posséder des gènes des deux espèces. L’iguane commun (iguana iguana) introduit, possède en effet la capacité de s’hybrider avec notre espèce locale. Afin de réintroduire Iguana Delicatissima sur son site naturel, le ministère de l’Écologie, via l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), a lancé un plan national d’action. Chloé Rodrigues, vétérinaire, est chargée, en collaboration avec Julien Chalifour, de coordonner ce plan en Martinique, en Guadeloupe et à Saint-Martin, où elle a passé une semaine miavril. L’espèce existe encore à Saint-Eustache, à Anguilla, à La Désirade, à Petite Terre, à Saint- Barthélemy et en Dominique, et l’idée – inscrite au plan de gestion de la Réserve naturelle – est d’étudier la faisabilité d’une stratégie de conservation sur un ou plusieurs îlots isolés grâce à quelques individus. Mais où? L’iguane commun est bien présent à Tintamare et l’iguane des Petites Antilles est trop bon nageur pour rester confiné sur un îlot trop proche de la côte, tel que Petite Clé par exemple.

Le récif artificiel The artificial reef
Le récif artificiel The artificial reef

Adrien Tonon, étudiant en Master 1 à l’Université de La Rochelle, est accueilli par la Réserve du 14 avril au 6 juin. Pendant ces deux mois, il va travailler sur l’implantation d’un habitat artificiel sous-marin, projet-pilote destiné à devenir un habitat de choix pour des milliers de larves auxquelles il permettra de survivre. L’étudiant a déjà commencé la rédaction d’une synthèse sur les principaux travaux parus au sujet des performances des récifs artificiels existants dans le monde entier. Ces récifs ont différents usages. Ils peuvent servir de sites de plongée, favoriser la production de biodiversité via la survie des larves (comme à Saint-Martin), protéger la côte ou encore encourager les rassemblements de poissons pour soutenir la pêche. Adrien se consacrera ensuite à l’élaboration du récif, constitué de parpaings et dont l’implantation a déjà commencé, au sein du territoire de la Réserve. La mise en place de ce premier récif expérimental sera suivie par un second récif. Accessible aux plongeurs, ce second dispositif pourra permettre de mesurer l’impact de la fréquentation humaine sur ces fonds artificiels, mais bien vivants.

Adrien Tonon

Poisson-lion | Lion fish © Julien Chalifour
Poisson-lion | Lion fish © Julien Chalifour

57 poissons-lion ont été pêchés, coupés en deux et laissés sur le lieu de leur découverte par les gardes dans les eaux de la Réserve naturelle en 2013, le but étant que d’autres poissons apprécient leur chair et finissent par en devenir prédateurs. Les analyses visant à déterminer si leur chair est contaminée par la toxine de la ciguatera continuent, les premiers résultats ayant fait apparaître que certains poissons en étaient porteurs et d’autres non, selon leur origine. Les gardes, ainsi que deux pêcheurs professionnels, continuent donc de collecter des individus, à toutes les profondeurs et sur des sites différents. Ces échantillons seront analysés par l’Institut Pasteur et permettront de déterminer avec précision sur quels sites les poissons-lions sont comestibles et sur quels sites ils ne le sont pas. Les gardes chassant le poisson-lion |The guards hunting lion fish © Julien Chalifour

Gaïa transpercée par une flèche | Gaïa shot by the arrow of a spear gun
Gaïa transpercée par une flèche | Gaïa shot by the arrow of a spear gun

Traversée de part en part par une flèche de fusilharpon au niveau des poumons, la tortue verte baptisée Gaïa a eu la chance de croiser le chemin de Julien Chalifour – chargé de mission scientifique à la Réserve – qui, le 25 août, se promenait sous l’eau au large d’Orient Bay. Examinée par la vétérinaire Claire Saladin, Gaïa avait absolument besoin d’être opérée pour que la flèche soit retirée. Faute d’équipement à Saint-Martin, la tortue a été évacuée vers la Guadeloupe, où elle a été prise en charge par l’ONCFS, au centre de soins des tortues marines. Opérée par le Dr Lévêque, Gaïa a été maintenue en bassin de convalescence pendant deux semaines avant de rejoindre son milieu naturel depuis la plage guadeloupéenne de Malendure, le 18 septembre.

Gaïa relâchée sur la plage de Malendure, en Guadeloupe | Gaïa, released in Guadeloupe

La destruction des tortues marines est un délit sévèrement puni.

Les braconniers continuent pourtant de sévir, comme en atteste la blessure de Gaïa, mais aussi un plastron de tortue repéré par la Réserve en dehors de son territoire et les restes de tortue découverts par la gendarmerie chez un particulier le 18 octobre (voir plus loin «les actions de police»).

 

Tortues marines bilan de la saison 2013

Grâce aux 58 écovolontaires bénévoles, 1018 patrouilles ont pu être menées sur 13 plages de l’île et 277 traces de montée de tortues relevées. 71% de ces traces mènent à un nid, ce qui représente 197 pontes.

Les ruines à Babit Point... | The ruin on Babit Point...© Béatrice Galdi

Première étape de la destruction des ruines d’une maison à Babit Point et de l’ancien hôtel au Galion, un diagnostic de l’amiante a été lancé en novembre par le Conservatoire du littoral. Ce diagnostic préalable est obligatoire avant la démolition de tout bâtiment construit avant 1997. En effet, si de l’amiante est présente, une dépollution est nécessaire afin que ce matériau dangereux ne se propage pas dans l’air et que les déchets soient déposés sur un site agréé. La ruine de Babit Point daterait des années 60 et est implantée sur une parcelle acquise en avril 2013 par le Conservatoire. Dès réception des résultats des prélèvements actuellement analysés en laboratoire, un appel d’offres sera lancé par le Conservatoire pour la démolition de cette maison qui dénature le paysage. Cette démolition, très attendue par les riverains, sera suivie d’une restauration paysagère et minérale. En ce qui concerne les ruines du Galion, datées des années 80, le Conservatoire devra malheureusement attendre l’issue de la procédure d’expropriation en cours avant de pouvoir procéder à leur destruction. Ces décombres sont situés en bordure d’une des plages les plus fréquentées de l’île, sur un site par ailleurs naturel et d’une grande richesse écologique.Ruines au Galion | Galion Ruins © Béatrice Galdi

Toilettes sèches à Pinel | Dry toilets on Pinel © Béatrice Galdi
Toilettes sèches à Pinel | Dry toilets on Pinel © Béatrice Galdi

L’accueil du public sur un site touristique doit tenir compte des besoins naturels de ces visiteurs et donc de la présence de toilettes écologiques. À l’îlet Pinel, le choix a été fait d’implanter deux toilettes sèches, financées avec l’aide de l’Europe et de l’État et considérées comme une bonne solution écologique dans les milieux isolés ne bénéficiant pas de réseaux collectifs. Leur entretien a été confié aux deux restaurateurs bénéficiant d’une autorisation d’occupation temporaire du Conservatoire, dans le cadre des bonnes pratiques environnementales qu’ils se sont engagés à respecter. Aujourd’hui en phase expérimentale, ces toilettes ne donnent pas entière satisfaction du point de vue de leur capacité de charge en haute saison touristique, et les anciennes toilettes, plus «classiques», continuent d’être utilisées. Si la capacité de ces équipements s’avère insuffisante – 500 visiteurs en moyenne débarquent chaque jour à Pinel –le gestionnaire est bien conscient qu’il doit réfléchir à une autre solution.

Paysage à Babit Point | Babit Point landscape © Béatrice Galdi
Paysage à Babit Point | Babit Point landscape © Béatrice Galdi

Sentier botanique à Babit Point

Dès que la maison en ruines aura disparu du paysage, il est prévu la création d’un sentier botanique qui mettra en valeur le Melocactus intortus et les autres espèces floristiques à l’aide de panneaux, mais aussi les aspects paysagers du site, son chaos rocheux et son ouverture sur l’Océan Atlantique et l’île de Saint-Barthélemy.

Beau projet à l’embouchure de l’étang aux Poisson

Le site dépollué | The site cleaned up

Après la dépollution du site d’une ancienne carrière de sable à l’embouchure de l’étang aux Poissons, le Conservatoire souhaite y réaliser un ambitieux projet de restauration écologique et d’accueil du public. Ce projet a été différé jusque-là faute de cofinancements. En 2014, le Conservatoire espère pouvoir démarrer ces travaux avec l’aide de l’État et de l’Europe.

Observer les aigrettes

Les aigrettes apprécient l’étang du cimetière | The egrets enjoying the Etang du Cimetière

Important site de nidification des aigrettes, l’étang du cimetière, à Grand-Case, sera doté d’un observatoire, qui permettra au public de contempler ces beaux oiseaux en toute discrétion.

Parcours de santé

L’étang de Friar’s Bay | The salt pond in Friar’s Bay

Le conseil de quartier n°3 a sollicité la réserve Naturelle et le Conservatoire pour la mise en place d’un parcours de santé autour de l’étang Guichard, à deux pas de la plage de Friar’s Bay. Le Conservatoire est prêt à financer un aménagement. Toutefois, comme il est propriétaire du plan d’eau mais pas de ses berges, il a besoin de l’accord des propriétaires pour une servitude de passage.

Mise en défense et revégétalisation à Grandes Cayes

Malheureusement située en bordure de la route menant à l’écosite de traitement des déchets, la plage de Grandes Cayes fait régulièrement office de dépotoir. Également, le public fréquentant le site a tendance à se garer au plus près de la plage, ce qui empêche la végétation naturelle d’arrière-plage de se développer. Afin de limiter ces nuisances, la réserve et le Conservatoire a l’intention de lancer une restauration végétale du site, ainsi que de placer quelques bombes volcaniques aux bons endroits, pour limiter l’accès des véhicules et stopper les dépôts de déchets trop fréquents, dont encore un a été verbalisé par la Réserve naturelle en décembre.

La plage de Grandes Cayes... | Grandes Cayes Beach...La plage de Grandes Cayes... | Grandes Cayes Beach...

 

Du matériel de guerre trouvé dans l’étang Rouge | War material found in the Etang Rouge
Du matériel de guerre trouvé dans l’étang Rouge | War material found in the Etang Rouge

Le 11 septembre

A l’occasion du suivi scientifique des oiseaux autour des étangs, l’équipe a repéré un grand nombre de munitions de toutes sortes, jetées dans l’étang Rouge, à faible profondeur. Quelques semaines plus tard, le 31 octobre, c’est un pistolet 357 Magnum et un détonateur anti-personnel de mines en état de marche qui ont été découverts par les gardes de la Réserve, toujours dans l’étang Rouge. Ces armes ont été repêchées avec l’assistance de la brigade de recherches de la gendarmerie et un procès-verbal de destruction a eu lieu

.Le pistolet 357 Magnum | The 357 Magnum pistol

Le 18 septembre

Les poissons ont été saisis | The fish were seized

à la suite de la publication dans le FaxInfo d’un article informant qu’un brochet de mer de 25 kilos avait été pêché dans l’étang aux Poissons, les gardes ont retrouvé le pêcheur et ont dressé un procès-verbal à son encontre.

Le 21 septembre

Alors que le «Beach Clean Up» du Radisson battait son plein, les gardes ont repéré deux chasseurs sous-marins. Convoqués, les deux hommes se sont présentés au bureau de la Réserve. Les poissons et leur matériel de pêche ont été confisqués.

Le 7 Octobre

Pêche illégale à Coralita | Illegal fishing at Coralita

Grâce à l’appel téléphonique d’un témoin, les gardes ont interpellé deux pêcheurs à la ligne sur la plage de Coralita. Les poissons et les cannes à pêche ont été confisqués.

Le 18 octobre

Viande de tortue trouvée chez un particulier | Turtle meat found in a private residence

La gendarmerie a informé la Réserve naturelle que deux carapaces et de la viande de tortue avaient été découvertes chez un particulier, à l’occasion d’une perquisition. La saisie par les gardes de ces carapaces et de cette viande a donné lieu à un procès-verbal de destruction.

La gendarmerie a informé la Réserve naturelle que deux carapaces et de la viande de tortue avaient été découvertes chez un particulier, à l’occasion d’une perquisition. La saisie par les gardes de ces carapaces et de cette viande a donné lieu à un procès-verbal de destruction.

Le 14 novembre

254 lambis ont été remis à l’eau | 254 conches were returned to sea © Steeve Ruillet

254 lambis vivants ont pu être remis à l’eau non loin de Petite Clé et de Pinel, grâce au témoignage d’un riverain. Le pêcheur a été jugé par le tribunal correctionnel le 5 décembre 2013 et condamné à 100 jours-amende d’un montant de 20 euros. S’il ne paie pas ces amendes, le pêcheur sera emprisonné pendant 100 jours. Il avait pêché ces 254 lambis, ainsi qu’un casque et deux langoustes, autour des îlets de Pinel et de Petite Clé, en plein coeur de la Réserve. Les gardes l’ont pisté pendant quelques jours avant de pouvoir l’interpeller en flagrant délit, avec l’assistance de la brigade nautique de la gendarmerie. Au vu de l’importance de son activité illégale, les gardes estiment à environ 2000 le nombre de lambis pêchés par cet homme cette semaine-là.

Ce pêcheur a été jugé par le tribunal correctionnel | This fisherman was tried by the criminal court

 

Le bâtiment au démarrage du chantier de démolition
Le bâtiment au démarrage du chantier de démolition

Le restaurant de plage The Key, sur l’îlet Pinel, vient d’être détruit, en juillet 2013. Cette démolition très attendue est l’aboutissement de trois années de contentieux difficiles. Pour rappel, l’établissement, construit en 2006, avait au départ bénéficié d’une autorisation d’occupation temporaire accordée par le Conservatoire, comme les trois autres établissements de l’îlet, sous réserve du respect des prescriptions environnementales et du versement à la Réserve naturelle d’une redevance destinée à la gestion des sites. Faute de jouer le jeu et après plusieurs tentatives de recherche d’une solution amiable, une contravention de grande voirie à l’encontre de la société gérante a été engagée par le Conservatoire en juillet 2010, pour occupation illégale du domaine public. Suite à cette procédure, le tribunal administratif de Saint-Martin avait condamné le 22 mars 2012 la société gérante à démolir le bâtiment. Cette condamnation avait été confirmée en appel le 29 novembre 2012. La société gérante n’ayant pas procédé à la démolition dans le délai imparti, le Conservatoire du littoral était autorisé par les deux décisions de justice à démolir lui-même le restaurant et a lancé un appel d’offres pour se pourvoir d’une entreprise de démolition. Aujourd’hui, alors que le déblaiement des matériaux touche à sa fin, l’heure est au projet de reconquête de ce milieu naturel, qui va agrandir la surface de la plage publique de Pinel et permettre à un plus large public de profiter gratuitement de ce bel espace. Des plantations de raisiniers sont prévues, ainsi que la mise en place d’une aire de pique-nique ombragée.Pinel Démolition

De gauche à droite : Michel Peltier, directeur adjoint du Conservatoire du Littoral, Guillaume Arnell, vice-président de la Collectivité en charge du Pôle développement durable, Philippe Chopin, préfet de Saint-Martin, Viviane Le Dissez, présidente du Con

Saint-Martin a eu l’honneur d’accueillir du 4 au 6 avril 2013 la réunion annuelle du Conseil des rivages français d’Amérique (CRFA), dont la séance plénière s’est déroulée à l’hôtel Beach Plaza et a rassemblé plus de 70 personnes. Les élus de Guyane, de Martinique, de Guadeloupe, de Saint-Barthélemy, de Saint-Pierre-et-Miquelon et de Saint-Martin se sont ainsi rassemblés pour valider les projets du Conservatoire du littoral, et notamment ses nouveaux périmètres d’intervention foncière. Viviane Le Dissez, présidente du Conservatoire du littoral, Michel Peltier, directeur adjoint, Garcin Malsa, président du CRFA, Marc Duncombe, délégué outre-mer du Conservatoire, le préfet délégué Philippe Chopin et Guillaume Arnell, vice-président environnement de la Collectivité, ont tour à tour animé la séance. Pour Saint- Martin, les élus du CRFA – dont Guillaume Arnell et le conseiller territorial Christophe Hénocq – ont approuvé le projet d’extension du périmètre de protection du Conservatoire dans le secteur de l’étang de la Barrière. Le Conservatoire souhaite en effet étendre son intervention à des zones de mangrove situées au Nord de l’étang, actuellement non protégées. Cette validation en Conseil des Rivages autorise le Conservatoire à se rapprocher des propriétaires des terrains concernés (en l’occurrence, la Collectivité de Saint-Martin, qui a depuis été saisie par le Conservatoire courant mai sur cette question). Cul de Sac - Sentier de découverteÉgalement autour de ce site, le Conservatoire souhaite travailler en concertation avec la Collectivité à l’aménagement de l’interface de l’étang avec la mer, et plus largement sur la zone de l’embarcadère de Cul-de-Sac, dans l’idée d’accueillir les nombreux visiteurs vers Pinel dans un environnement plus qualitatif. Toujours sur l’étang de la Barrière, la visite inaugurale du sentier sur pilotis récemment aménagé par le Conservatoire du littoral, a eu lieu durant le CRFA. Ce sentier permet de pénétrer au coeur de la mangrove et de découvrir les nombreuses espèces d’oiseaux qu’elle héberge. L’étang n’a plus de secrets pour ces visiteurs, grâce aux nombreux panneaux pédagogiques qui jalonnent le parcours. Ce sentier complète d’ailleurs le réseau d’aménagements déjà créés par le Conservatoire du littoral, où tous les grands types d’écosystèmes de l’île sont à présent représentés : la forêt littorale sèche sur le sentier des Froussards, la végétation de bord de mer à Pinel, ou encore les paysages marins à l’observatoire de Coralita.

Poisson Lion
Poisson Lion

On saura très bientôt si le poisson-lion est ou non porteur de la toxine de la ciguatera. Une réunion d’information avec les pêcheurs, les gens de mer et les gestionnaires d’aires marines protégées est d’ores et déjà prévue en juillet 2013, afin que les scientifiques référents communiquent leurs conclusions et que chacun puisse diffuser les bonnes informations sur son territoire. L’expansion de cette espèce invasive, vorace et sans prédateur constitue un risque majeur qui fait craindre une diminution des stocks de pêche dans l’avenir, comme l’a confirmé le Comité régional des pêches marines et des élevages marins (CRPMEM) de Guadeloupe, qui a rencontré les pêcheurs professionnels, les marins, la Collectivité et la préfecture le 15 mai 2013.

Saha Widgy, le chargé de mission scientifique du CRPMEM, a informé les pêcheurs sur l’historique de l’invasion de ce poisson provenant de divers relâchés en milieu naturel par des aquariophiles de Floride, ainsi que sur la biologie de l’espèce et les risques qu’elle représente, à savoir une piqûre très douloureuse et la transmission éventuelle de la ciguatera, à laquelle s’ajoute en Guadeloupe et en Martinique la contamination par la chlordécone.
Le CRPMEM a remis aux pêcheurs une fiche d’information sur la conduite à tenir en présence du poisson-lion, ainsi qu’une paire de gants protecteurs contre la piqûre de ses nageoires. Afin de sensibiliser tous les publics et de lutter contre cette invasion, la Réserve naturelle envisage d’organiser un tournoi de pêche avant la fin de l’année.

Saisie de Casiers
Saisie de Casiers

Le 28 février

les gardes de la Réserve naturelle ont dressé un procès-verbal au titre de la loi sur l’eau à un hôtel pour une pollution et un déversement d’eaux usées dans le Grand étang des Terres Basses. Cette pollution est due à un dysfonctionnement du réseau d’assainissement de l’hôtel, resté sans solution depuis plusieurs années.

Le 9 Mars

À l’Est de l’îlet Pinel, le 9 mars, deux pêcheurs armés de fusils harpons ont dû remettre leur équipement aux gardes de la Réserve, la pêche étant interdite sur cet espace protégé, comme d’ailleurs sur tout le territoire de la Réserve.

le 20 Mars

Le 20 mars, à Pinel, les gardes ont ordonné l’arrêt de la construction d’une station d’épuration privée. Ces travaux avaient lieu sans autorisation, sur le territoire du Conservatoire du littoral.

Filets

Un filet de 100 mètres signalé par un témoin a été retiré et saisi par les gardes dans la baie de l’Embouchure, en plein coeur de la Réserve naturelle, le 15 juin. Trois jours plus tard, les mêmes gardes ont constaté la présence de deux casiers pleins de poissons entre Petite Clé et la côte, à Cul-de-Sac. Les casiers ont été saisis et les poissons remis en liberté.

Pollution Grand Etang Terres BassesPinel Arrêt de la construction d'une centrale d'épurationFilets au Galion

Tommy Vallon
Tommy Vallon

Une menace pour la biodiversité

Tommy Vallon, stagiaire à la Réserve naturelle, a pour mission de gérer la problématique des rongeurs introduits à Tintamare.
Friands d’oeufs, qu’ils soient d’oiseaux ou de tortues marines, ces mammifères menacent la reproduction du noddi brun, du grand-paille-en-queue et des tortues marines – toutes espèces patrimoniales. Il s’agirait d’une espèce de rat et d’une espèce de souris et notre stagiaire va dans un premier temps piéger ces rongeurs sans les tuer, pour les identifier.
Cette première étape sera vraisemblablement suivie de la régulation de ces espèces, suivant une stratégie bien définie.
Âgé de 24 ans, Tommy Vallon est étudiant à l’Université Antilles-Guyane et effectue à Saint-Martin son stage de fin d’études, dans le cadre de son master professionnel en écologie tropicale.

Les restes de pique-niques sont une source d’alimentation pour ces rongeurs. Veillez à ramener vos déchets à la maison!
20 kilos de poisson et une balance saisis

Une balance et une vingtaine de kilos de poissons ont été saisies par les gardes de la Réserve naturelle le 23 novembre 2012, sur le parking de l’observatoire aux Baleines, à Coralita.
Ce jour-là, deux gardes en patrouille de surveillance ont pu observer quatre individus équipés de fusils harpons et portant des sacs, alors qu’ils venaient de sortir de l’eau. Vérification faite, deux de ces pêcheurs amateurs étaient déjà connus de la Réserve et avaient fait l’objet d’une verbalisation qui les avait amené devant le tribunal correctionnel pour pêche interdite dans une réserve naturelle.
Environ vingt kilos de poisson avaient déjà été pesés et étaient emballés dans des sachets en plastique, prêts pour la vente.
Quatre procès-verbaux ont été dressés et les quatre pêcheurs comparaîtront devant le tribunal correctionnel.

L’îlet Tintamare fait l’objet de toutes les attentions de la Réserve naturelle, qui vient d’y installer trois nouvelles tables en bois.
Ce sont donc aujourd’hui six tables – toutes fabriquées par les élèves de la section charpente et menuiserie du lycée polyvalent des Îles du Nord – qui attendent les piqueniqueurs, à l’ombre des filaos et en bordure de la plage, à deux pas d’une eau cristalline.
Répondant à la demande, les gardes ont installé deux tables en vis-à-vis, qui permettent l’accueil de groupes d’une vingtaine de convives.
Par ailleurs, afin de limiter le risque d’incendie, deux points feux fixes ont été fabriqués.
Le feu est interdit en dehors de ces espaces! Équipés de grilles, ils fonctionnent très bien et sont à la disposition des usagers.
Et comme Tintamare ne se limite pas à la plage Blanche, les gardes ont procédé au nettoyage de la plage située sous les récifs, où ils ont récupéré quatre fûts de 200 litres déposés par la mer, un grand filet de pêche et une grosse pelote de fil en plastique.

Nettoyage de la plage de Grandes Cayes

Verbalisé par la douane alors qu’il pêchait dans la Réserve naturelle en compagnie de son père, cet adolescent âgé de quatorze ans – et donc pénalement responsable – a été condamné par le procureur à cinq demi-journées de travail d’intérêt général... dans la Réserve.
La Protection judiciaire de la jeunesse, qui suit ce jeune, a signé pour cette occasion une convention avec la Réserve naturelle, qui pourra éventuellement accueillir d’autres jeunes dans ce cadre légal.
Fin août, l’adolescent a nettoyé les plages de Tintamare, de Grandes Cayes, du Galion et de Pinel, en compagnie d’un garde.
À bord du bateau de la Réserve, sa dernière demi-journée a été consacrée à une session d’éducation à l’environnement, au cours de laquelle un garde lui a transmis ses connaissances en matière de protection de la faune et de la flore marines et l’a sensibilisé à l’importance du respect de la réglementation

1500 euros le seau de burgos

Trois braconniers ont été entendus par les gendarmes de la brigade nautique après que les gardes de la Réserve les aient interpellés sur la plage de Grandes Cayes, le 10 juillet 2012.
Les trois hommes revenaient de la pêche aux burgos sur le site de Wilderness et portaient un seau contenant plus d’une centaine de ces mollusques, dont la pêche est réglementée et interdite, comme toute pêche, dans la Réserve.
Les burgos ont été remis à l’eau et un procès-verbal a été dressé pour pêche interdite dans une réserve naturelle.
En attente de leur jugement au tribunal, ils risquent chacun une amende de 1500 euros.

Deux kite-surfeurs verbalisés

La Réserve naturelle rappelle que le kite-surf est toujours interdit dans la baie de l’Embouchure, par arrêté préfectoral. Malgré cela, certains individus ne changent pas leurs habitudes, même après avoir été plusieurs fois avertis par les gardes.
C’est ainsi qu’un kite surfeur a été le premier à faire l’objet d’un procès-verbal au Galion, le 10 juillet 2012, après avoir fait décoller son aile devant la partie de la plage la plus fréquentée.
Le dossier a été transmis à la brigade nautique de la gendarmerie, qui convoquera le contrevenant.
Peu après, le 10 août 2012, un moniteur qui donnait des cours de kite surf au Galion, a fait l’objet du second procès-verbal pour pratique d’un sport interdit dans une réserve naturelle.
Il a été entendu par la brigade nautique de la gendarmerie.

Du matériel de pêche confisqué

Le 6 juillet, au large de Grandes Cayes, et le 19 juillet, autour du Rocher Créole, deux chasseurs sous-marins ont été interpellés par un garde pour pêche interdite dans une réserve naturelle.
Leur matériel, immédiatement saisi, leur a été rendu le lendemain contre une copie de leur pièce d’identité.
Les poissons ont également été confisqués.

Jet-ski dans la Réserve : c’est non!

Le gérant d’une société de location de jet-skis, en compagnie d’un client à bord d’un second jet-ski, a été surpris par les gardes entre Pinel et la Pointe des Froussards, le 3 septembre 2012.
Un procèsverbal a été dressé et transmis à la brigade nautique.

Un poisson-lion de 35 centimètres de long, capturé en 2012 - This 35 centimeters long lionfish has been caught in 2012
Un poisson-lion de 35 centimètres de long, capturé en 2012

141 poissons-lions (pterois volitans) ont été tués dans la Réserve naturelle de Saint-Martin depuis la première capture, le 20 juillet 2010.
Les gardes, seuls autorisés à chasser ce poisson au fusil harpon sur le territoire de la Réserve, rencontrent à présent des individus matures d’une trentaine de centimètres de long.
Les clubs de plongée participent activement à la lutte contre cette espèce invasive, en informant la Réserve de l’endroit précis où tout poisson-lion a été repéré.
Que ce soit à l’intérieur ou en dehors du territoire de la Réserve, la consigne à présent est de laisser sur place les poissons tués et de les couper en deux, afin qu’ils nourrissent d’autres espèces et que d’éventuels prédateurs prennent goût à cette nouvelle chair et commencent à le chasser.

L’incendie, aux portes de la Réserve naturelle - The fire, right next to the Réserve naturelle
L’incendie, aux portes de la Réserve naturelle

L’incendie parti le 12 juin dernier au pied de l’écosite de Grandes Cayes ne s’est heureusement pas propagé dans la Réserve naturelle, malgré un vent fort qui a contribué à l’expansion du feu.
Mais il a bien abimé la forêt sèche environnante, classée en Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF).
Par un phénomène de courant aérien curieux, et malencontreux, ce même vent a emmené la fumée et les cendres de l’incendie directement sur le Rocher Créole.
Les gardes ont pris des photos qu’ils ont transmises à l’Office national des forêts (ONF) ainsi qu’à la société Verde, gestionnaire de l’écosite.
Ce départ de feu pose la question du risque d’incendie sur cette zone sensible, aux portes d’un écosystème protégé.
La Réserve souhaite la création d’un couloir anti-feu autour de l’écosite, afin d’empêcher la propagation des flammes.
Une réunion aura prochainement lieu concernant l’autorisation d’exploitation de l’écosite et la Réserve compte bien faire entendre sa voix, en réclamant par exemple la mise en oeuvre d’un suivi de l’impact de l’écosite sur les écosystèmes marins situés à proximité

L’ouverture mécanique de l’étang...
L’ouverture mécanique de l’étang...

Le 21 mai 2012, l’ouverture mécanique de l’étang de Chevrise sur la mer, juste après de fortes pluies, a provoqué une importante pollution dans la baie Orientale, haut lieu du tourisme de l’île.
Grâce à des témoins de la scène, la Réserve a pu savoir qu’un engin mécanique avait été utilisé pour ouvrir une passe entre l’étang et la mer.
Un procès- verbal contre X a été dressé par un garde de la Réserve pour atteinte à la loi sur l’eau et une enquête administrative est en cours.
Ce garde dispose d’un commissionnement «loi sur l’eau», qui lui donne des pouvoirs de police en matière de pêche, mais aussi de rejets en mer et de toutes autres infractions à la réglementation sur le domaine marin, dans la Réserve, mais également en-dehors.
L’exécution non autorisée de travaux nuisibles au débit des eaux ou au milieu aquatique est un délit prévu par le code de l’environnement.
Ce délit est passible de deux ans d’emprisonnement et 18 000 euros d’amende. Rappelons que la Réserve reste en faveur d’une ouverture planifiée et encadrée des étangs à la mer, afin d’assurer la continuité écologique de ces milieux.

Les lambis pêchés ont été remis à l’eau

Faut-il rappeler que la pêche est totalement interdite dans la Réserve naturelle ?
Apparemment oui, puisqu’à cinq reprises en trois mois les gardes de la Réserve ont verbalisé des pêcheurs et saisi du matériel de pêche.

pêche de lambis interdite

Le 4 avril, un pêcheur de lambis a été surpris en plein délit par un garde de la Réserve, avec quarante coquillages à bord de sa barque.
Les mollusques étant encore vivants, ils ont été remis à l’eau.
Le lambi est une espèce protégée et sa pêche est totalement interdite dans la Réserve.

Le 6 avril, pendant le week-end de Pâques, un opérateur partenaire de la Réserve appelle les gardes et leur signale que trois personnes à bord d’une barque sont en train de pêcher
autour de Caye Verte.
Le garde de permanence arrive rapidement en bateau sur les lieux et voit une vingtaine de poissons au fond de la barque, parmi lesquelles deux requins nourrices, dont un est encore vivant, bien que touché par une flèche.
Quatre fusils sous-marins ont été saisis, ainsi que le matériel de plongée en apnée.
Le requin blessé, après une vingtaine de minutes de réoxygénation dans l’eau, est reparti en mer.
Le procès-verbal précise que les pêcheurs sont coupables d’une contravention de cinquième classe, assortie d’une amende de 1500 euros.

Le 18 avril, sur le spot de surf du Galion - baie de l’Embouchure - les trois gardes de la Réserve, informés par un témoin, ont plongé pour retirer un filet de pêche de plus de trois cents mètres de long.
De nombreux poissons étaient déjà pris aux mailles de l’engin et ont été libérés.
La question de la comestibilité de ces poissons de récifs, vraisemblablement porteurs de la toxine de la ciguatera, se pose.
Où et par qui sont-ils vendus ?
Qui a conscience de mettre sa santé en danger en les mangeant ?
Le filet a été saisi et détruit.

Le 31 mai, après avoir vu un pêcheur s’affairer au large sur la baie du Galion, les gardes ont récupéré quatre casiers remplis de poissons appâtés par du pain.
Les poissons ont été remis à l’eau et les casiers détruits.
 


Ce casier a été saisi et détruit - This fish trap has been seized and destroyed

Un autre filet détruit - Another net distroyed
Le bateau à moteur saisi sera vendu aux enchères

Le 9 septembre 2011, à six heures du matin, deux pêcheurs avaient été surpris au large de Pinel en train de poser un filet de pêche de trois cents mètres de long par les douaniers maritimes, lors d’une opération de surveillance menée conjointement par la Réserve, la gendarmerie nautique et les douanes.
Le 26 avril 2012, les deux hommes ont été jugés par le tribunal correctionnel de Saint-Martin, qui les a condamnés à 5000 euros d’amende chacun.
Leur bateau, une saintoise équipé d’un moteur de 115 chevaux, a été confisqué et sera vendu aux enchères.
Le filet a été détruit.

Philippe Thelamon - Franck Roncuzzi
Philippe Thelamon - Franck Roncuzzi

On le sait, le sentier sous-marin de Pinel a obtenu la Palme initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR) 2011, à la grande fierté de la Réserve naturelle et du Conservatoire du littoral, à l’origine de la création de ce sentier unique dans la Caraïbe.
Le Conservatoire a décidé de créer un nouveau sentier sous-marin en Martinique, au pied du Cap Salomon, sur la commune des Anses d’Arlet. 
La gestion de ce sentier sera conventionnée avec l’association SeaToyen, et plus spécialement avec Philippe Thelamon, qui gère un club de plongée non loin et sera commissionné garde du littoral en 2013.
Afin de tout savoir sur la création et la gestion d’un sentier sous-marin, Philippe Thelamon – dans le cadre des compagnonnages entre gardes mis en place par Rivages de France et financés par TE ME UM – était accueilli par la Réserve de Saint-Martin du 19 au 22 juin. Il a ainsi pu  bénéficier de l’expertise et des conseils techniques du garde chef Franck Roncuzzi en cette matière et a passé deux jours en binôme sur le terrain avec Isabelle Bonnefoy, gestionnaire du sentier sous-marin de Pinel.

La passerelle de mise à l’eau à l’entrée du sentier sous-marin de Pinel, qui présentait des signes de dégradation et menaçait la sécurité des usagers, vient d’être remplacée par un équipement flambant neuf, en aluminium et en bois.


Ce mérou apprécie la chair du poisson-lion
Ce mérou apprécie la chair du poisson-lion

À la mi-mars, 116 poissons-lions avaient été capturés à Saint-Martin et plus de 200 observés depuis sa première capture, le 20 juillet 2010.
Trois victimes de piqûres ont été admises aux urgences de l’hôpital et le site du Rocher Créole est envahi.
Lors du dernier comité consultatif, Franck Mazéas, de la DEAL Guadeloupe (ministère de l’écologie), a expliqué que les Antilles Françaises sont conscientes des dégâts occasionnés par le pterois volitans dans les autres îles de la Caraïbe, où l’on a pu observer une disparition de 80% des poissons sur les zones envahies.
Le phénomène est négatif pour les pêcheurs, le commerce, l’écologie, sans même parler du risque de piqûre.
La stratégie préconisée par la DEAL est d’appliquer au niveau régional la stratégie mise en place dans les autres îles, qui est de contrôler le développement du poisson-lion, son éradication étant impossible: on trouve des poissons-lions à 80 mètres de profondeur et davantage. Pour cela, il faut : - poursuivre les captures (par les équipes autorisées) - informer le public - prévenir hôpitaux, médecins, pompiers, pêcheurs et clubs de plongée de la conduite à tenir en cas de piqûre - travailler sur la commercialisation du poisson La centaine de poissons capturée à Saint-Martin fait l’objet d’une analyse afin de savoir si le poisson est consommable ou porteur de la toxine de la ciguatera, mais le Marine park de Sint Maarten a fait procéder il y a peu à une analyse de poissons-lions en Jamaïque, qui a mis en évidence la présence de la toxine.
Il n’est plus nécessaire de ramener les poissons-lions à la Réserve, la consigne à présent étant de laisser sur place les poissons tués et de les couper en deux, afin que : - ils nourrissent d’autres espèces - d’éventuels prédateurs prennent goût à sa chair et commencent de le chasser.
Le club Sea Dolphin, qui a vu un mérou et une murène verte dévorer un poisson-lion, a d’ailleurs transmis à la Réserve quelques photos (voir ci-contre). La DEAL souhaite que la Réserve de Saint-Martin aille au-delà de sa zone de capture et qu’elle bénéficie de tous les moyens disponibles pour cela.

A grouper enjoying the flesh of a lionfish

Hundreds of dead fish in the Orient Salt Pond

Pour quelle raison des centaines de poissons sont-ils morts dans la Saline d’Orient fin 2011 ?
À deux reprises, le 9 novembre et le 8 décembre, informés par des riverains, la Réserve naturelle s’est rendue sur les lieux pour constater les dégâts.
Au deuxième épisode, un prélèvement d’eau a été envoyé pour analyse à l’Institut Pasteur et les résultats étaient éloquents.
Un taux anormalement élevé d’entérocoques et d’E coli, bien supérieur à celui mesuré quelques mois auparavant dans le cadre du suivi mené par le Conservatoire du littoral, a mis en évidence une pollution liée à des eaux usées de toilettes.
S’agirait- il d’un dysfonctionnement de l’une des stations d’épuration privées qui se déversent dans l’étang ou d’un dysfonctionnement du réseau public ?
La Réserve naturelle a mis les opérateurs en demeure d’expertiser leur équipement et de procéder aux réparations qui s’imposent.
Si rien n’est fait, elle sera contrainte de verbaliser.

 

La Saline d’Orient, classée en Réserve naturelle, fait partie des quatorze étangs de Saint-Martin protégés par arrêté préfectoral et appartenant au Conservatoire du littoral.
Une bouée de mouillage, jaune et gravée

La décision d’uniformiser les couleurs des mouillages à Saint-Martin, Sin Maarten, Saint-Barth, Saba et Saint-Eustache, est d’ores et déjà mise en application à Saint-Martin.
L’idée, lancée aux Assises des Îles du Nord en septembre 2011 par les gestionnaires des aires marines protégées de ces îles, a pour objectif de simplifier la communication avec les plaisanciers et les plongeurs de la région, qui sauront que les bouées jaunes sont partout réservées aux bateaux de plaisance et les bouées blanches aux bateaux de plongée.

Les gardes de la Réserve ont donc installé 17 bouées jaunes sur les corps-morts de Tintamare, 14 à Pinel et 3 au Rocher Créole, soit 34 mouillages jaunes au total pour les bateaux de plaisance.

À Pinel, les dix corpsmorts volés en 2011 ont été remplacés par des blocs de béton écologique, fabriqués avec du verre pilé au lieu de gravier.

16 bouées blanches sont à la disposition des clubs de pongée : 9 au Rocher Créole (6 pour la plongée et 3 pour les dinghies), 1 à Pinel, 1 à Caye Verte, 1 sur la Basse Espagnole, 3 à Tintamare et 1 au Galion, près du spot de surf.

14 mouillages jaunes attendent les plaisanciers à Pinel
Une bouée de mouillage, jaune et gravée
Les déchets verts empiétaient sur les 50 pas géométriques

La Réserve naturelle garde un oeil attentif sur l’écosite de Grandes Cayes, où la plus grande partie des déchets de la partie française de l’île est traitée, en bordure de la Réserve, juste au-dessus des 50 pas géométriques et à deux pas du départ du sentier des Froussards.
La société gestionnaire de l’écosite – Verde Environnement Saint-Martin – étudie actuellement un projet d’extension afin de rationaliser ses espaces de stockage et de mieux gérer les lixiviats, le « jus » polluant produit par les déchets.
Le 26 janvier 2012, son président, Patrick Villemin, a convié la Réserve naturelle et le Conservatoire du littoral à une visite du site et leur a présenté le projet.
À l’issue de cette rencontre, Romain Renoux et Béatrice Galdi, chargé de mission pour le Conservatoire du littoral, ont transmis à M. Villemin leurs prescriptions, dans l’objectif de prévenir au mieux le risque de pollution, mais aussi d’améliorer le paysage autour de l’écosite, en mettant par exemple en place un aménagement paysager à l’entrée du site.
Le gestionnaire va devoir déplacer une grande quantité de déchets verts, qui empiète sur le territoire de la Réserve et étouffe la végétation, puis replanter les espèces détruites, dans un esprit de strict respect des limites de propriété.
Il lui est également demandé d’éviter que les déchets ne soient emportés par le vent jusqu’à la plage, de prévenir toute pollution par les lixiviats et d’assurer le suivi de la qualité des milieux marins situés en contrebas des espaces de stockage de déchets.

La baie de l’Embouchure – appelée aussi baie du Galion – fait partie des aires marines protégées de Saint-Martin

Lors du dernier comité consultatif, la question de l’interdiction du kite-surf dans la baie de l’Embouchure a été mise à l’ordre du jour.
À ce jour, la Réserve gère cette aire marine protégée en fonction d’un ensemble d’usages - baignade, surf, windsurf, randonnée équestre, plongée en apnée… - et a pour mission d’évaluer les impacts de ces activités, entre elles et sur le milieu naturel.
Romain Renoux a proposé la création d’un comité d’usagers réunissant toutes les parties prenantes afin de conduire une réflexion globale et que chaque usager soit pris en considération.

Pêche illégale de 63 lambis

Le braconnier surpris avec 63 lambis – dont la plupart juvéniles – qu’il venait de pêcher dans la Réserve naturelle, a été jugé le 8 mars par le tribunal correctionnel de Saint-Martin.
Onze chefs d’inculpation lui étaient reprochés. Il a été condamné à 100 euros avec sursis par chef d’inculpation, soit 1 100 euros, assorti d’une peine de deux mois de prison, également avec sursis.
En cas de récidive, ce pêcheur devra effectuer sa peine et payer les amendes.

Un kite-surfeur provoque un accident de cheval au Galion

En dépit de l’arrêté préfectoral interdisant ce sport sur la baie de l’Embouchure, un kite-surfeur a effrayé un cheval en frôlant la plage du Galion et a provoqué la chute d’une cavalière, le 16 janvier 2012.
La jeune femme a dû être transportée aux urgences de l’hôpital.
Arrivé sur les lieux, le garde Steeve Ruillet a dressé un procès-verbal pour non-respect d’un arrêté préfectoral et pratique d’un sport interdit sur une réserve naturelle.
Le matériel a fait l’objet d’une saisie conservatoire. Cela signifie que le propriétaire conserve son équipement, tant qu’il ne l’utilise pas sur la zone interdite.
Le contrevenant sera convoqué au tribunal d’instance de Saint-Martin.

60 entreprises partenaires de la Réserve naturelle

Seules les 60 sociétés ayant signé un accord avec la Réserve naturelle sont officiellement partenaires de cette dernière.
Un club de plongée de la partie hollandaise en a fait la triste expérience, après avoir affiché dans une publicité mensongère un partenariat qui n’existe pas.
La Réserve avait pourtant bien remis - à deux reprises - un dossier de partenariat au gérant, qui n’a pas réagi.
La Réserve a donc dressé un procès-verbal à l’encontre de cette société de Sint Maarten auprès du greffe du tribunal de Saint- Martin, qui l’a transmis à Basse-Terre, suivant la procédure appliquée dans les affaires concernant l’étranger.

Cet autocollant identifie les partenaires de la Réserve naturelle
Encore vivants, les 63 lambis ont pu être remis à la mer
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