Favoriser la conservation des herbiers de phanérogames marines et des espèces associées

Favoriser la conservation des herbiers de phanérogames marines et des espèces associées

Favoriser la conservation des herbiers de phanérogames marines et des espèces associées

Une raie dans l’herbier - A ray in the seagrass © Julien Chalifour
Une raie dans l’herbier - A ray in the seagrass © Julien Chalifour

Un an après sa première mission dans les eaux de Saint-Martin, Fanny Kerninon était en mai dernier de retour sur notre île. Avec les agents de la Réserve, elle a plongé sur quatre stations d’herbiers : à Grand- Case, au Rocher Créole, au Galion et à Tintamare. En thèse à l’université de Bretagne occidentale et en collaboration avec l’IFRECOR pour qui elle coordonne l’observatoire des herbiers de l’Outre-mer français, la jeune femme plonge sur les fonds marins tropicaux du monde entier, de la Caraïbe à l’Océan Indien. Elle a pour objectif de produire une boîte à outils “suivi des herbiers” et des indicateurs qui permettront aux gestionnaires de suivre l’état de santé de “leurs” herbiers, très différents les uns des autres. L’enjeu pour Fanny est ainsi de développer des outils standards communs utilisables par tous, sur tous les types d’herbiers. Cette scientifique a représenté l’Outre-mer français à l’occasion de la World Seagrass Conference, du 11 au 17 juin 2018 à Singapour.

Le saviez-vous?

Saint-Martin est l’un des premiers sites ultramarins pour lesquels un suivi des herbiers a été mis en place, il y a déjà dix ans. La Réserve naturelle en est l’un des initiateurs et ce suivi collaboratif est considéré comme très complet par les scientifiques qui le connaissent.

Une tortue verte sur Halophila - Green turtle on Halophila © Julien Chalifour
Une tortue verte sur Halophila - Green turtle on Halophila © Julien Chalifour

L’équipe de scientifiques américains de l’Université de Floride (FIU), dont le Docteur Jeremy Kizska, ont été à nouveau accueillis par la Réserve à l’occasion de leur troisième mission. Du 18 au 22 juin 2018, à baie blanche à Tintamare, les tortues vertes ont fait l’objet de recherches consistant à mieux connaître les relations qu’elles entretiennent avec les herbiers, actuellement colonisés par Halophila stipulacea. Cette espèce invasive a été introduite par l’intermédiaire des ancres et des eaux de ballastes de bateaux et grignote peu à peu de l’espace dans l’herbier sous-marin, où elle entre en compétition avec les espèces natives : Syringodium et Thalassia. Ils ont observé la localisation des reptiles sous-marins au fur et à mesure de la journée, mais aussi leur activité et tenté d’identifier quelles algues figuraient à leur menu. Cette étude va aussi permettre d’estimer la population de tortues fréquentant l’herbier de baie Blanche et si elle a été impactée par Irma. La seule donnée dont la Réserve disposait jusqu’alors était le fait de ne pas avoir trouvé de cadavre d’animal. Les premiers résultats dont l’analyse fine reste à effectuer, semblent traduire un bouleversement des habitudes des tortues vertes en Guadeloupe comme à Saint-Martin, des suites d’Irma et des autres évènements météorologiques subis fin 2017. Cette étude devait également être l’occasion de réaliser des prélèvements de peau pour ouvrir la voie à une première étude locale sur la fibropapillomatose, cet herpès virus qui touchent certaines tortues dans le monde entier, avec des facteurs déclencheurs du risque de la maladie que l’on commence à connaître.

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